En passant

REVISITER LA LETTRE DE DÉMISSION DE MICHEL BEAUDIN POUR VOIR CLAIR

MICHEL BEAUDIN DÉMISSIONNE DU COMITÉ DE THÉOLOGIE, 27 novembre 2012

Ce document d’un membre engagé dès les premiers pas de DP, Michel Beaudin, théologien, fait un tour d’horizon précis des événements des dernières années et analyse avec grande lucidité et compétence leurs implications pour DP et l’Église d’ici. Une analyse incontournable pour voir clair et ne pas rester dans la confusion, pour étoffer sa réflexion théologique adulte. Prenez le temps! Gérard Laverdure.

LETTRE OUVERTE AU CONSEIL NATIONAL  DE  DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR ANNONCER MA DÉMISSION DU COMITÉ DE THÉOLOGIE – Longueuil, 27 novembre 2012

Extrait: «Motif de ma démission: Le seul et unique motif de ma démission est bien simple malgré ses multiples composantes : il s’agit du choix fait par la Direction générale et par l’Exécutif du Conseil national d’une politique de complaisance, de soumission et même d’un certain opportunisme, pour certains, plutôt que de résistance face aux attaques extérieures dont Développement et Paix a été l’objet depuis 2009.  De surcroît, en monopolisant de façon autocratique l’information et l’essentiel du pouvoir de décision, le leadership de l’Organisme a délibérément empêché le membership, le personnel, la plupart des membres du Conseil national comme tel ainsi que de ses comités, de même que les groupes de l’extérieur partageant nos idéaux, d’avoir quelque prise sur la situation comme il se devait et de participer à la défense légitime de Développement et Paix.»

Chers et chères membres du Conseil national,

Dear members of the National Council of Development and Peace,

I already apologize to the Anglophone members of the National Council for having written this letter in French only. I lacked time, along with competence, to write also in English. I hope the National Council will be able to provide an English version of the letter.

Je ne saurais exprimer  mieux que par le texte biblique qui suit  ma perception du cours des choses depuis 2009 à Développement et Paix. Il traduit également le désarroi des membres des équipes locales et diocésaines face à cette lamentable dynamique; celui aussi de son formidable personnel, des membres des comités comme ceux du Comité de théologie auquel je participe depuis 2007, ainsi que de tous les individus et groupes ayant toujours appuyé l’Organisme, dont les fidèles des communautés chrétiennes,: «QUAND IL N’Y A PLUS DE DIRECTION DANS LE PAYS, LE PEUPLE MEURT» (Prov 11, 14).

Mon parcours et attachement à Développement et Paix

Avant de vous écrire les lignes qui suivent, celles-ci ont d’abord habité  ma peine et mes insomnies tant à propos de Développement et Paix que de l’Église. Un lien profond à Développement et Paix  a structuré et inspiré tout mon itinéraire d’adulte. Je me sens viscéralement attaché et redevable à Développement et Paix. Mes vingt ans, en 1967, ont connu une Église qui savait solliciter des jeunes le meilleur d’eux-mêmes. En cette année-là, j’entendais Mgr. Helder Camara nous proposer une analyse des rapports Nord-Sud qui dessillait aussi nos yeux sur l’évangile. Je fis la même année un séjour en Amérique latine avec d’autres dirigeants de mouvements dans le cadre de la Fraternité Saint-Jean-Valparaiso fondée par les regrettés Mgr. Gérard-Marie Coderre et M. André Tremblay, l’un des fondateurs de Développement et Paix et son premier directeur des programmes internationaux. Nous lisions là-bas Populorum progressio et nous découvrions  la réalité du Sud tout comme l’Église de la libération qui s’y engageait dans la foulée du Concile. En 1967, l’Église catholique canadienne, évêques, prêtres, religieux et laïcs, mettait sur pied Développement et Paix pour répondre à l’appel de Paul VI et de Mgr. Camara. J’ai eu le bonheur d’organiser ou de participer comme étudiant en théologie à plusieurs activités de campagne ou de formation des débuts de l’Organisme.  Je me souviens des élans des laïcs, soutenus à cette époque par les évêques heureux de nous voir prendre des responsabilités sociales et ecclésiales comme «adultes dans la foi», comme on le disait alors.

Si bien qu’en 1974, tout en achevant une thèse de doctorat sur la christologie de Hans Urs von Balthasar, j’entre à Développement et Paix comme animateur régional pour ensuite devenir, deux ans plus tard, recherchiste pour les programmes d’éducation à la solidarité internationale jusqu’en 1985. J’aurai, entre autres, participé à la mise en route des campagnes d’automne axées sur des situations d’injustices précises et proposant des actions de solidarité visant explicitement l’éradication de leurs causes structurelles : Apartheid en Afrique du Sud (prisonniers politiques, soutien canadien du régime), Grands-mères de la Plaza de Mayo (enfants et petits-enfants «disparus») en Argentine, peuples indigènes opprimés du Guatemala, paysans et indigènes des Philippines sous la dictature de Marcos, militarisation comme obstacle au développement, etc.

Depuis longtemps, nous constations une réception de nos programmes dans les communautés chrétiennes qui variait selon le degré de sensibilisation des pasteurs à la dimension sociale de l’évangile. En 1985, poussé par cette  interpellation et sentant ma théologie transformée par l’expérience de Développement et Paix et de ses partenaires, je m’engage comme professeur à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal en me donnant pour objectif d’intégrer à la formation des futurs pasteurs, agents et agentes de pastorale et autres leaders laïcs une prise en compte fondamentale de l’impératif évangélique de la solidarité sociale et internationale. C’est à cette tâche que je me consacrerai pendant les  22 années suivantes auprès d’une génération entière d’étudiants et d’étudiantes et auprès d’une multitude de groupes engagés sur le terrain. Cette période sera aussi l’occasion de multiples collaborations avec la Conférence des évêques catholiques du Canada (CÉCC) ainsi qu’avec le Comité des affaires sociales (membre collaborateur de 1986 à 1989) de l’Assemblée des évêques du Québec.

En 2007, je prends ma retraite de l’Université. Je reçois alors une invitation à me joindre au Comité de théologie de Développement et Paix. Ce sera le  seul nouvel engagement que j’accepterai dans le travail de solidarité que je poursuis. Je rentrais à la «maison». Bien qu’ayant toujours accompagné pendant ce temps l’Organisme, même de loin, je retrouvais avec admiration et fierté un Développement et Paix qui avait évolué de façon créatrice et dans la fidélité à ses fondements. Je me réjouissais que cette nouvelle participation, cette fois à même ce que j’avais appris de la théologie, me permette de remettre à Développement et Paix un peu de ce dont je lui étais si grandement redevable.

 

Ma démission du Comité de théologie

Je devais terminer en novembre 2013 le deuxième terme de mon mandat et j’envisageais d’accepter un troisième terme de trois ans. Aussi comprendrez-vous à la lumière de ce qui précède que c’est avec un grand déchirement, beaucoup de tristesse et une certaine colère, mais non sans encore un espoir, que je vous annonce MA DÉMISSION DU COMITÉ DE THÉOLOGIE.

Avant de présenter le motif de cette décision, permettez-moi trois brèves remarques : (1) cette décision n’a rien d’un geste impulsif; elle résulte d’une mûre réflexion menée depuis trois années (crise de 2009) au terme desquelles elle s’est dernièrement imposée à ma conscience. (2) Contrairement à ce que le directeur général Michael Casey a faussement annoncé («damage control»?) à propos de la démission de Claire Doran, par exemple, ma démission, comme celle de cette dernière, ne doit rien à des «raisons personnelles» mais tient entièrement aux manœuvres que le leadership de Développement et Paix a pratiquées et aux positions qu’il a tenues face aux attaques extérieures de LifeSiteNews, de l’ACDIet de la CÉCC. (3) Enfin, ma démission s’inscrit dans la foulée d’une récente prise de position unanime du Comité de théologie, geste dont je suis partie prenante et dont la teneur vous sera bientôt transmise par lettre, si ce n’est déjà fait.

Motif de ma démission

Le seul et unique motif de ma démission est bien simple malgré ses multiples composantes : il s’agit du choix fait par la Direction générale et par l’Exécutif du Conseil national d’une politique de complaisance, de soumission et même d’un certain opportunisme, pour certains, plutôt que de résistance face aux attaques extérieures dont Développement et Paix a été l’objet depuis 2009.  De surcroît, en monopolisant de façon autocratique l’information et l’essentiel du pouvoir de décision, le leadership de l’Organisme a délibérément empêché le membership, le personnel, la plupart des membres du Conseil national comme tel ainsi que de ses comités, de même que les groupes de l’extérieur partageant nos idéaux, d’avoir quelque prise sur la situation comme il se devait et de participer à la défense légitime de Développement et Paix.

Il en est résulté, plus précisément en ce qui me concerne directement, que le Comité de théologie s’est trouvé devant un vide. (1)  Il s’est trouvé sans interlocuteur véritable chez son mandataire, le Conseil national, lui-même pratiquement mis en tutelle et devenu muet malgré nos initiatives et appels répétés. (2) Le Comité n’a jamais été associé non plus au Comité de liaison de Développement et Paix dans ses démarches avec le Comité permanent de la CÉCC malgré les questions ecclésiales et théologiques en jeu. Il semblerait que les évêques seraient plus que réticents à une telle participation. Ils sont d’ailleurs peu enclins à des discussions franches et ouvertes sur la vision d’Église et sur la mission de Développement et Paix à cet égard. Mais le Comité de liaison n’aurait-il pas pu favoriser au moins des échanges informels entre lui et le Comité de théologie? (3) Enfin le Comité de théologie a aussi été paralysé dans sa collaboration sur plusieurs dossiers liés aux programmes en raison des bouleversements créés et du maintien dans le noir des membres de la base par la Direction générale. Face à la réalité d’un Comité n’ayant plus de vis-à-vis ni d’objet substantiel autre que d’être invité à se fondre dans la réaction inappropriée du leadership de Développement et Paix, et refusant à bon droit à ne parler qu’à lui-même, j’en suis arrivé, quant à moi, à la conclusion d’une nécessaire démission. Vient un moment ou un seuil où poursuivre une participation équivaut à légitimer ou même à se faire complice d’une orientation en cours, contradictoire avec le sens de l’engagement de Développement et Paix.

Quelques considérations complémentaires

Je me permettrai encore quelques considérations complémentaires concernant (1)  les pressions extérieures, (2)  la réaction faite au nom de Développement et Paix, et (3) la situation du Comité de théologie.

D’abord sur les acteurs extérieurs. Nous savons que les allégations de LifeSiteNews n’étaient pas fondées et que, n’eussent été des coûts financiers, elles auraient pu être démenties judiciairement. À mon sens cependant, un petit groupe d’évêques qu’il faut bien qualifier d’ultraconservateurs, appuyé sur le Secrétaire général de la Conférence, a fait «comme si» Développement et Paix était fautif, trouvant là le prétexte rêvé pour entraîner plus avant l’ensemble de la CÉCC dans un projet d’Église («coup» d’Église?) singulier aujourd’hui fortement promu par le Vatican. Au printemps 2011, peu après le renvoi unilatéral du Père Arriaga, un invité mexicain (ProDH) de Développement et Paix, il y aurait eu, selon ce que le Directeur général de Développement et Paix lui-même aurait rapporté au personnel, une rencontre entre, d’une part, lui-même et la directrice générale adjointe et, d’autre part,  le Secrétaire général de la CÉCC et son assistant,  aux bureaux de la CÉCC à Ottawa. En plus de véhéments reproches, la direction générale  se serait vu remettre, soi-disant au nom de la CÉCC, une longue liste non signée de requêtes impératives à remplir sous menace de graves conséquences pour les liens avec l’épiscopat. Parmi ces diktats, il y aurait eu le largage de deux partenaires de longue date dont le ProDH du Mexique, une demande de lettres d’excuses aux évêques concernés par cette visite, interdiction de se défendre, etc. Au lieu de s’appuyer sur les instances régulières de l’Organisme, la  Direction générale (des  «employés», donc, et non des élus), affaiblie par son isolement, fut pour le moins encline à céder[1]. Les rencontres subséquentes semblent s’être déroulées de façon plus représentative du côté de l’Organisme. Celui-ci fut dès lors ainsi forcé de jouer dans un mauvais film, tissé de mensonges, surréaliste, kafkaïen[2], et sans plus de lien avec la réalité, une fiction cependant créatrice d’une autre «réalité», funeste celle-là.  J’eus, dès ce moment, le sentiment diffus que l’Organisme était victime d’une sorte d’imposture, sinon d’une conspiration. La caritas en venait-elle ici à vouloir se passer de la veritas?


[1] Dans une lettre datée de Pâques 2011, le Comité de théologie s’est adressé peu après au Conseil national (jusque-là peu informé) au sujet de cette rencontre, pour lui demander de ne pas acquiescer aux requêtes de la CÉCC.

C’est ce film que nous avons vu défiler depuis ce temps, avec, par exemple : (1) l’imposition d’une politique de Nihil obstat (ensuite atténuée devant le tollé suscité) des évêques du Sud par rapport aux partenaires et programmes de Développement et Paix; (2) la mise en tutelle de facto du Conseil national au profit d’une structure parallèle de liaison avec la CÉCC, une structure qui ne devait agir que ponctuellement, mais qui se fait permanente et devient, à toute fin pratique, la véritable instance de gouvernance de Développement et Paix[3]; (3) l’extrême timidité du communiqué de la CÉCC subséquent à l’annonce par l’ACDI  de la réduction drastique de la subvention quinquennale destinée à Développement et Paix, un «silence» dont on comprend maintenant mieux les motifs  politiques à la lumière de l’actualité[4] et des tractations autour du projet de campagne 2012 de Développement et Paix, susceptible de heurter le gouvernement conservateur; (4) l’annulation de l’essentiel de la campagne de l’automne 2012 pour des raisons d’intérêts politiques de la CÉCC dans ses rapports avec le gouvernement Harper (aurait-on vu Jésus négocier quelque avantage personnel avec Pilate en échange du sacrifice de ses disciples?), intérêts, donc,  camouflés ensuite en préoccupation d’«unité» épiscopale et ecclésiale, ici  érigée en «idole» puisque s’imposant «à tout prix» et se faisant ainsi sacrificielle.

En fait, ce mauvais film est d’ampleur mondiale. Tous les organismes apparentés à Développement et Paix et regroupés à Caritas internationalis ou à la CIDSE subissent des pressions semblables, signe d’un dessein concerté à leur égard. Ces pressions vont de pair avec la réduction de l’enseignement social de l’Église à la seule encyclique Caritas in veritate ─ une réduction dévalorisant  du coup, paradoxalement, l’apport de l’encyclique ─  en fait, à quelques paragraphes de celle-ci seulement, centrés sur le respect de la vie intra-utérine, une réalité qui n’a presque rien à voir avec le travail de Développement et Paix. C’est comme si l’Église décidait de réduire l’évangile à quelques passages de celui-ci. Enfin, cette orientation va de pair avec l’évacuation presque complète de la justice sociale de l’enseignement et de l’agenda de l’Église (ex. abolition du poste de conseiller principal pour les questions de justice sociale à la CÉCC, et annulation récente d’un projet de lettre pastorale sur la crise économique). Elle fait sortir l’économie et la politique, par exemple, du champ de l’évangélisation. Privé ainsi de sa mission fondamentale, Développement et Paix pourrait alors être transformé en n’importe quoi d’autre, en organisme pro-vie, par exemple.

N’est-il pas troublant de voir l’épiscopat, à l’encontre du sensus fidei, démanteler ainsi ou faire «avorter» un organisme (y compris  l’autonomie qui lui a été octroyée) considéré comme un joyau de l’Église canadienne, appartenant à celle-ci dans son ensemble, et ne pouvant donc être considéré comme la «chose» des seuls évêques? N’est-il pas troublant de voir l’épiscopat faire de Développement et Paix le bouc émissaire emblématique d’un catholicisme avec lequel certains évêques veulent rompre pour lui substituer, semble-il, une forme de fondamentalisme? La promotion d’un nouvel accent dans l’enseignement de l’Église nécessitait-elle de tout détruire dans les autres secteurs de son engagement? Comment y reconnaître la plupart de nos évêques? Les évêques ou «épiscopes» [du grec epi (sur) et skopein (veiller)] ne devraient-ils pas, fraternellement,  «veiller sur» les fidèles comme des pasteurs, et non d’abord les «surveiller» de manière inquisitoriale? Nous sommes «scandalisés» au sens biblique fort, par un tel recours à la logique si peu évangélique de l’autoritarisme et de la seule puissance. Tout se passe comme si les évêques cherchaient à briser la fibre de l’engagement social des membres de Développement et Paix, une fibre intimement liée à celle de leur foi, faisant intégralement partie de celle-ci. Aussi les membres éprouvent-ils une grande souffrance, de la détresse même, devant un tel comportement épiscopal. Seule «consolation», s’il en est, nous continuons de croire qu’une majorité des évêques n’approuvent pas la politique suivie en leur nom. J’ai déjà lancé une interpellation à leur intention dans mon texte Nihil obstat…, mais sans écho  substantiel. Il est peut-être encore temps qu’ils réagissent, mais il se fait tard. Une chose est certaine : personne ne pourra agir à la place de ces évêques au sein de la CÉCC même!

L’argent dominateur serait-il en train de gagner? Celui, d’une part,  du gouvernement Harper détournant de Développement et Paix des fonds publics pour les rediriger vers des compagnies minières pour leurs projets «philanthropiques» (publicitaires); celui, d’autre part, de quelques évêques de diocèses plus riches[5] servant à un chantage éhonté pour chercher à détourner Développement et Paix de la solidarité qui cherchait à déplacer les «montagnes» de l’injustice pour l’orienter vers des projets parfaitement compatibles avec le statu quo structurel ainsi qu’avec une collusion à peine voilée avec les pouvoirs en place.

Quant à la réaction de Développement et Paix, ce qui précède ne l’excuse en rien ou si peu. On ne peut empêcher des attaques extérieures. Il nous faut cependant y réagir selon le sens qui nous habite. C’est précisément ce sens qui a manqué aux dirigeants autocrates de Développement et Paix. Ceux-ci ne semblaient ni avoir d’ancrage réel dans l’identité et la mission de l’Organisme, ni posséder l’analyse socio-politique fondant ses orientations, ni s’être appropriés les références théologiques fondatrices de cette mission et de ses pratiques. Aussi furent-ils dépourvus à la première tempête. Plutôt que de réagir en s’appuyant sur l’ensemble de l’Organisme, sur ses instances et processus démocratiques ainsi que sur ses ressources concernant ces trois volets, ils s’en sont remis, pieds et poings liés à leurs interlocuteurs d’en face, acceptant à toute fin pratique de s’en faire les exécutants internes quitte à manipuler les instances de Développement et Paix et à écarter toute source potentielle de contestation, à commencer par les membres, encore aujourd’hui peu informés de la situation, surtout du côté anglophone. Le leadership de Développement et Paix donne maintenant l’impression de prendre directement ses ordres de la CÉCC. Ne défendant pas l’Organisme, il a rendu impossible sa défense par le mouvement et par une opinion publique qui lui était pourtant a priori favorable. Pire, encore, à propos de la campagne d’automne 2012, le Directeur général a même pris l’initiative  d’appeler personnellement au moins un sinon plusieurs évêques du Québec décidés malgré tout à aller de l’avant avec l’approche intégrale de la campagne, pour les en dissuader, en arguant qu’ils risquaient ainsi de «nuire» à l’Organisme!

J’ai déjà dit ailleurs qu’il pourrait arriver un seuil de dégradation de la spécificité de Développement et Paix où il ne vaudrait plus la peine que l’Organisme existe. Ce seuil n’est certes plus loin, en espérant qu’il n’ait pas déjà été dépassé. Laisserons-nous les «fossoyeurs» de l’identité de Développement et Paix, autant à l’interne qu’à l’externe, poursuivre tranquillement leur œuvre?

J’en viens finalement au Comité de théologie. Au regard, d’abord,  de la crise et de nos rapports avec le  Conseil national et la Direction générale, je voudrais mettre en évidence quelques faits. Peu après l’attaque de LifeSiteNews, en 2009, le Directeur général finit par convoquer une réunion spéciale du Comité de théologie, au mois de mai, afin de nous présenter la situation. Il se produisit alors un incident révélateur. Après une période de questions, tout en restant présent, il nous laissa discuter en se montrant complètement indifférent à nos propos (j’imagine que c’est ainsi qu’on peut qualifier le fait qu’il se soit alors plongé dans la lecture de son journal) jusqu’au moment du dîner à prendre ensemble! Nous sommes restés interloqués et devenus…perplexes. Il y a là, pour moi, au-delà de l’anecdote, une métaphore de la conduite de l’Organisme par la direction générale depuis le début de la crise!

Le Comité prit deux décisions importantes lors de cette rencontre: (1) On nous avait demandé de commencer une réflexion sur les critères concernant la pratique du partenariat, une initiative qui aurait pourtant dû relever du Service des programmes internationaux avec notre possible collaboration. Ce document substantiel (Critères que l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix pourrait utiliser avec ses partenaires dans les questions éthiques, avec pour titre le plus récent : Partnership Policy Framework) réalisé sous la conduite de Michel Côté, n’a pas encore reçu d’approbation officielle. Une version édulcorée ou réductrice, que dirigea le théologien Tom Rosica au nom de la CÉCC, sera bientôt discutée à une réunion du Comité de liaison avec le Comité permanent de la CÉCC et risque de faire loi pour l’avenir. (2) Devant l’étonnante panique de la Direction générale, panique que nous croyions injustifiée vu les réalisations solides de Développement et Paix, nous avons conçu un document décrivant et analysant la trajectoire de Développement et Paix au regard de l’enseignement social de l’Église : La trajectoire prophétique de Développement et Paix : une fleur ecclésiale poussée dans le champ toujours en germination de l’enseignement social de l’Église (28 p.).  Il a été déposé au Conseil national en novembre 2009. Aucun écho ne nous est jamais parvenu. Cette étude, nullement polémique, réalisée au nom du Comité de théologie, était destinée à servir de référence pour les membres ainsi qu’à nourrir notre fierté et notre espérance commune en ces temps de crise.  Il ne leur est jamais parvenu non plus! Nous avons réitéré plusieurs fois, depuis mars 2010 jusqu’en en octobre dernier,  une demande d’installation de ce texte (en français et en anglais) sur le site Internet de Développement et Paix, ainsi que de diffusion auprès des conseils diocésains. À ce jour : rien.

Lors de l’épisode subséquent de la crise, en mars-avril 2011, en l’absence de circulation d’information concernant les événements et surtout la pénible rencontre entre le Directeur général de Développement et Paix et le Secrétaire général de la CÉCC,  et de ses conséquences, le Comité de théologie prit l’initiative d’écrire au Conseil national au lendemain de Pâques pour l’informer de ce que nous savions et suggérer certains gestes. Sauf quelques membres nous remerciant informellement de les informer, cette lettre n’a jamais reçu de réponse. En juin 2011, à la veille d’une réunion du Conseil national où il devait être question de la politique du Nihil obstat que voulait imposer la CÉCC, j’écrivis une lettre de quatre (4)  pages au Conseil national. Pas d’écho non plus, sauf plus tard (en septembre) une réponse de Pat Hogan accompagnée d’une consultation qui semblait quelque peu improvisée et pour la forme à propos de quelques textes[6]. Devant l’absence de tout écho aux interventions mentionnées ci-haut,  j’avais alors déjà entrepris depuis le mois d’août d’écrire une réflexion sur cette politique et de la diffuser largement, non sans l’avoir d’abord envoyée au Comité de liaison de Développement et Paix: «Nihil obstat, le pouvoir absolu d’interférence d’évêques du Sud, contradictoire avec les relations de partenariat, avec le travail de développement, avec la co-responsabilité ecclésiale et donc avec l’identité et la mission de Développement et Paix». Ce document de plus de vingt pages n’a jamais reçu de réponse. Je fis aussi d’autres interventions personnelles pour défendre Développement et Paix, mais leur caractère confidentiel m’empêche d’en divulguer la teneur et les destinataires.

Enfin, en juin dernier, le Directeur général, nous assurant du caractère urgent et vital de notre apport dans les présentes circonstances nous proposa une série de thèmes sur lesquels Développement et Paix aurait besoin que nous réfléchissions. Ceux-ci étaient, en fait,  un «copier/coller» des desiderata du Président de la CÉCC vis-à-vis de Développement et Paix : la communion avec l’Église universelle, spécialement celle  du Sud (avec les frères évêques), les critères de partenariat (choix, relations, désengagement…), une démonstration de l’intégration de Caritas in veritate dans la vie institutionnelle de Développement et Paix et dans ses pratiques, etc. S’ajouta un thème sous-jacent et fréquemment formulé depuis quelque temps, celui de l’identité catholique. Le Directeur ajouta aussi de son cru le thème de la «Nouvelle évangélisation», expliquant que Développement et Paix, en se montrant proactif et prêt à s’engager sur cette question, la CÉCC  pardonnerait peut-être à l’Organisme de ne pas en avoir fait assez sur Caritas in veritate. Dans ses termes : «It would be beneficial for us if we could be proactive and prepared to engage on the ‘emerging issue’ of New Evangelization after the Synod»[7].

Le Comité accepta d’aborder ces propositions mais sans enthousiasme. Le Comité de théologie a toujours travaillé de bonne foi avec Développement et Paix, mais comment être à l’aise avec des commandes qui ne paraissaient pas prioritaires pour la dynamique de l’Organisme et surtout pour créer un faux semblant à l’intention d’une instance extérieure plus inquisitoriale qu’accompagnatrice, et aux yeux de laquelle nous n’en ferions jamais assez? Sans compter que nous ne sommes qu’un comité de bénévoles tous fort occupés par ailleurs. Le Comité décida cependant d’aborder ces thèmes à sa manière, c’est-à-dire sous l’angle du développement humain intégral. Me ravisant, je refusai personnellement plus tard de donner suite à la tâche qui m’était dévolue pour cette raison que nous n’avions pas à travailler sur des questions ou demandes venant directement de l’extérieur sans avoir été tamisées par le Conseil national ou une autre instance interne à Développement et Paix!

Sur le plan de la collaboration  aux programmes de Développement et Paix, à part des consultations courantes ou d’office, je voudrais signaler trois projets dont la poursuite a été bloquée par la situation prévalant à Développement et Paix, et témoignant particulièrement du sort fait aux membres et des entraves au travail du personnel.

(1) Deux sondages ont été menés auprès des membres, en 2008 et en 2010, sur leur expérience du rapport entre la foi, l’eucharistie et leur engagement. Les réponses obtenues étaient extraordinaires de profondeur. La mise en forme des résultats demandait cependant une poursuite du dialogue avec les membres. Mais l’attitude adoptée par la Direction générale en ce qui concerne la crise avait creusé un tel fossé avec les membres que les initiatives du Comité de théologie risquaient d’être dévaluées et de susciter davantage de ressentiment. Nous nous sommes donc sentis obligés d’obtenir une autorisation formelle de cette Direction pour pouvoir communiquer directement  avec les membres et pouvoir aborder librement avec eux certaines questions liée à la situation générale de Développement et Paix. Nous demandions aussi que notre démarche aille de pair avec une initiative directe de la Direction générale en termes d’information et d’implication des membres à propos de la crise. Le dossier est resté bloqué. Les perturbations,  le climat créé ainsi que le temps disponible ne permettent plus d’aller plus loin pour exploiter les excellents résultats de ces sondages avec les membres. (2)  De même des textes sur la théologie et la spiritualité du don attendent toujours la possibilité de consultation de l’équipe d’animation et, de là, des instructions pour être mis en outils pédagogiques. Les mêmes facteurs ont joué encore ici en plus des changements de priorités. (3) Enfin, une expérience-pilote (automne 2010) de formation théologique du personnel notamment sur la tradition biblique et chrétienne d’engagement social  (incluant l’enseignement social de l’Église) est encore empêchée d’avoir des suites.

Et voilà que malgré tous ces blocages et les commandes souvent inconsidérées qui nous ont été transmises, la Direction générale récidiva à notre dernière rencontre (6 novembre). À la toute fin de la période d’échange avec elle, on nous lança un autre appel, en disant que la situation dépassait la direction et qu’il fallait l’apport des autres. Un aveu quand même significatif de son autocratisme depuis trois ans. Cette fois, il s’agirait d’initier une réflexion , d’être partie prenante et d’accompagner  un projet qui serait soumis au Conseil national : la tenue d’une Assemblée générale de Développement et Paix, à l’automne 2013, vers «des changements inévitables» (pourquoi déjà ce verdict?) et portant sur des questions  comme (1) l’identité catholique et la place de l’Organisme dans l’Église; (2) la place et le sens de l’action politique de plaidoyer ainsi que la relation éducation/plaidoyer (comme si celui-ci n’était pas déjà inséparable d’un véritable travail d’éducation!), etc., mais sans plus de plan précis. Et le tout accompagné d’atermoiements sur le manque de personnel (mais pourquoi a-t-on poussé des personnes clés vers la porte?) et le besoin que le Comité de théologie s’implique peut-être au-delà des capacités de membres bénévoles ne se rencontrant que deux fois par année.  Du moins est-ce ainsi que nous avons perçu cet appel. Notre réaction fut vive et sceptique, en rappelant les déceptions récentes quant au processus et aux résultats de  nos contributions.

Il ne semble plus y avoir d’espace dans le Développement et Paix actuel pour un Comité de théologie véritable. Celui-ci, par exemple encore, ne fut jamais invité à travailler étroitement avec le Comité de liaison ou même à y être représenté. Les évêques s’y sont-ils opposés? Nous aurions pu, ainsi contribuer à une discussion des orientations de l’Organisme à partir de références communes puisées dans notre tradition de foi. Une discussion intégrant donc des éléments théologiques pour dépasser l’impasse, ou bien d’une simple assimilation autoritaire aux vues de la CÉCC (logique unilatérale de puissance), ou bien de simple confrontation. Ce qui aurait, évidemment, supposé, de la part des évêques, d’autres objectifs que d’abord politiques ou idéologiques,  et leur reconnaissance des laïcs comme interlocuteurs même dans le domaine théologique! Pour ma part, après avoir parlé et être intervenu en vain, j’ai jugé qu’il ne me restait plus que le retrait et le silence pour protester contre l’inacceptable, du moins en tant que membre de ce Comité. Cette décision est d’autant plus déchirante que l’expérience du Comité comme tel fut absolument fraternelle et stimulante, inoubliable. Nous aurions voulu faire profiter davantage l’Organisme de notre travail en retour de l’inspiration que sa vie et ses visées généreuses nous apportaient.

Et maintenant?

La politique suivie jusqu’ici par le leadership de l’Organisme aura eu des conséquences néfastes même si nous mettons à part les effets résultant directement des coupures budgétaires provoquées par la décision de l’ACDI. Celle-ci aurait d’ailleurs pu être contestée si on avait mobilisé le mouvement et, avec lui, l’opinion publique. Cette politique de Développement et Paix, déterminée de l’extérieur, a ainsi eu un effet délétère sur l’esprit des membres et a découragé le personnel. La démission ou le départ depuis mai 2012 de plus de vingt-deux personnes compétentes, loyales et identifiées à la mission de Développement et Paix, telles , par exemple, Hélène Gobeil, Paul Cliche, François Gloutnay ou encore, tout dernièrement,  Claire Doran, directrice de tous les programmes au Canada, ont été dévastateurs. Des personnes comme celles-ci ont été, dans certains cas, systématiquement écartées des prises de décision ou marginalisées souvent en raison même de leur fidélité à cette mission. Cela me paraît emblématique de l’effet destructeur sur Développement et Paix d’une politique étrangère à sa trajectoire. Pour le dire crûment, des personnes comme Claire ont dû courageusement partir pour ne pas être brisées ou encore pour ne pas cautionner un tel forfait. D’autres démissions suivront peut-être encore…

Le temps s’est donc couvert, mettant durement à l’épreuve notre espérance. Mon départ du Comité de théologie ne se veut pas une rupture de mon engagement, mais veut témoigner de l’impasse d’une situation. C’est la forme que peut prendre ma solidarité avec le mouvement dans les circonstances présentes, et plus particulièrement celles dans lesquelles se trouve le Comité de théologie. C’est aussi une question de dignité et de responsabilité  comme laïc  dans l’Église. La régression proposée d’une responsabilité ecclésiale se rétractant dans le seul épiscopat paraît  inacceptable  selon les meilleures références de notre tradition, dont celle de Vatican II. Si je démissionne spécifiquement du Comité de théologie, je reste membre de Développement et Paix, du moins pour le moment, et continuerai d’intervenir pour son sauvetage.

Je veux aussi vous dire que si la dynamique interne était renversée de façon significative, ce serait avec empressement que je reviendrais au Comité de théologie si on m’y invitait, évidemment. Au nombre des conditions de possibilité d’un tel revirement, les deux suivantes me semblent maintenant incontournables, c’est-à-dire nécessaires même si non suffisantes.  Elles visent ce qui m’apparaît comme les deux verrous qui, à l’interne de l’Organisme du moins, empêchent un déblocage de la situation, une véritable et plus digne défense de Développement et Paix, ainsi qu’une reprise éventuelle de son élan. S’il y a encore un espoir de revirement de la tragédie en cours, c’est de ce côté qu’il réside et il est entre vos mains.

(1)   Que le Conseil national, au premier chef, se ressaisisse et reprenne ses responsabilités autonomes prévues à la Constitution de Développement et Paix. Qu’il reprenne le leadership de l’Organisme ainsi que le contact avec les membres, et qu’il fixe de nouvelles balises pour le dialogue avec la CÉCC à travers ses instances régulières et sur d’autres bases que celles qui lui ont été imposées. Vous ne vous doutez pas à quel point les membres et tous les amis de Développement et Paix n’attendent qu’un signal de votre part pour se lever et se ranger nombreux et déterminés à vos côtés.

(2)   Par ailleurs, si le Conseil national adoptait un tel virage par rapport à la dynamique actuelle, cela requerrait un leadership qui soit plus en consonance avec l’identité profonde de Développement et Paix, prêt à défendre celle-ci et apte à une relance conséquente de l’Organisme. Il apparaît alors évident que cette tâche ne pourrait être confiée à des personnes qui ont activement mené Développement et Paix dans une direction opposée.

C’est pourquoi, il s’imposerait que le Conseil national demande alors la démission du Directeur général et de la Directrice générale adjointe, et qu’il écarte de son Exécutif tout au moins le président sortant ainsi que l’ex-président, pour remplacer toutes ces personnes par d’autres responsables correspondant mieux aux orientations de fond réaffirmées de l’Organisme.

Si vous me permettez ici  une courte parenthèse et une remarque.  Tout d’abord, je reste encore étonné que le mandat du Directeur général ait pu être renouvelé pour un autre terme de cinq ans, en 2011, en dépit de sa gestion désastreuse de l’Organisme et de la crise, ainsi que des critiques sérieuses à son égard.  Faut-il y voir le résultat, d’une part, d’une proximité trop étroite des personnes visées plus haut, formant avec peut-être d’autres membres de l’Exécutif un cercle quasi exclusif et autocratique, et, d’autre part,  de ce qui semble avoir été un appui marqué de la CÉCC à l’égard de ce groupe de dirigeants?  En second lieu, qu’on comprenne bien, malgré tout,  que je n’exprime ici aucune hostilité personnelle à l’égard des personnes mentionnées en tant que telles, mais que je fais plutôt le constat qu’elles se sont disqualifiées quant aux orientations fondamentales de Développement et Paix, dans des circonstances certes difficiles, et que le lien de confiance me paraît avoir été irrémédiablement rompu à leur égard pour toute relance authentique de Développement et Paix.

Les membres de Développement et Paix se désespèrent et le personnel suffoque au quotidien depuis trois longues années. «Développement et Paix agonise», titrait hier un article du journal Le Devoir[8]. Que faudrait-il de plus pour que vous passiez à l’action?

Je voudrais quand même terminer sur une note d’espoir que je tire d’un texte de L’Apocalypse où l’auteur écrit, de la part du Vivant, «à l’ange de l’Église qui est à Philadelphie» : «J’ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer, et, bien que disposant de peu de puissance, tu as gardé ma Parole sans renier mon Nom» (Ap 3, 8). Oui, notre espérance est ferme, oui nous devons tenir bon à honorer et non «renier» le nom du Dieu de Jésus qu’une longue lignée de croyants et de croyantes a découvert comme étant Trinité, c’est-à-dire Père, Fils et Esprit, et donc «communauté» ou «solidarité», un témoignage qu’il nous faut rendre entre nous et auprès des plus vulnérables de ses frères et sœurs auxquels Il s’est identifié (Mt 25). Ne laissons pas  l’adversité ni personne refermer la «porte» qui nous a été «ouverte» à travers l’expérience de Développement et Paix ni non plus nous faire «prendre en vain» ce Nom de Dieu et celui de de ses «images» que sont les humains, et que nous avons appris à honorer de cette manière.

En toute amitié et solidarité,

Michel Beaudin

P.S. Je me réserve la liberté de diffuser ailleurs le contenu de cette lettre que je vous destinais d’abord comme  mandataires du Comité de théologie. Elle sera ainsi envoyée au blogue «Soutenons Développement et Paix» (www.soutenonsdetp.wordpress.com) ainsi qu’au blogue bilingue «Nous sommes le mouvement. We are the movement» (www.mouvement-movement.blogspot.ca)

Longueuil,  le 27 novembre 2012


[1] Dans une lettre datée de Pâques 2011, le Comité de théologie s’est adressé peu après au Conseil national (jusque-là peu informé) au sujet de cette rencontre, pour lui demander de ne pas acquiescer aux requêtes de la CÉCC.

[2] Du nom de l’écrivain tchèque Kafka. Se dit des situations qui rappellent l’atmosphère oppressante et absurde de certains romans de cet auteur.

[3] Encore qu’en ce qui concerne l’initiative de «forcer» Développement et Paix à annuler sa campagne d’automne 2012,  selon ce qui a été rapporté, le Président de la CÉCC n’ait même pas pris la peine de consulter les propres membres du Comité permanent de la CÉCC qui fait office de vis-à-vis officiel du Comité de liaison de Développement et Paix.

[4] Je me réfère ici à l’annonce récente par le ministre fédéral de la coopération internationale, Julian Fantino, de l’Intention de faire  jouer, dorénavant, un rôle de premier plan aux compagnies privées dans la poursuite des objectifs de l’ACDI concernant le développement des pays pauvres. La campagne de Développement et Paix visait justement à ce qu’une commission parlementaire se penche sur la réorientation en cours de l’aide publique au développement. (Voir : Marie Vastel, «Aide internationale : cap sur le privé, confirme Ottawa», Le Devoir, 24 novembre 2012)

[5] «Money talks», constatait avec franchise (et courage) Mgr. Champagne dans une entrevue à Proximo (Radio Ville-Marie), le 11 juin 2011.

[6] Ces textes devaient faire l’objet de discussion quelques jours plus tard entre le Comité de liaison de Développement et Paix et le Comité permanent de la CÉCC sur D&P.

[7] Courriel de Michael Casey au Comité de théologie, 3 juin 2012.

[8] Jean-Claude Leclerc, «L’agonie de l’organisme Développement et Paix. Une crise entre les laïcs et les évêques catholiques», Le Devoir, 26 novembre 2012, p. B 6.

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