En passant

CHARITÉ QUELLE CHARITÉ? – Gérard Laverdure

CHARITÉ QUELLE CHARITÉ? – Gérard Laverdure

Image trouvée sur une page Facebook (Lami Lami) ce matin.

Extrait: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais quand vous marquez des différences entre les personnes, vous commettez un péché, et cette loi vous dénonce comme coupables»

Comment l’Église pourrait-elle prétendre que les «rapports de charité» («Caritas in veritate») qu’elle propose pour le monde soient tissés de respect, de solidarité et de fraternité? Dans sa propre Maison les rapports sont tissés de secret, de décisions unilatérales imposées du Haut de la Pyramide impériale («from top to bottom») du pouvoir clérical, de langue de bois. La pénible saga qui se déroule à

Développement et Paix en est une illustration, dans les façons unilatérales de procéder comme dans le «virage charité» qui se prend. Aider les pauvres les garde dans la dépendance et rassure les oligarchies qui les exploitent et leurs alliés politiques. Être solidaire de leur marche collective vers la justice et la liberté et agir sur les causes structurelles des injustices dérangent beaucoup mais fait justement émerger une société plus juste et solidaire. Et s’enfermer dans une prétendue pureté morale va couper l’Église des réalités de la vie humaine complexes et de partenaires crédibles qui risquent leur vie pour qu’advienne un monde de justice, de dignité et de liberté. Le Ressuscité est à l’oeuvre aussi dans le Monde (la Gallilée) où il nous précède.

Les pratiques institutionnelles de l’Église romaine sont à des années lumières de l’Évangile où Dieu lui-même, se faisant l’un de nous, nous traite en égal, en frère. Il parle aux femmes à hauteur de personnes égales aux hommes. Il ira jusqu’à se mettre à genoux pour nous laver les pieds. Ce que Pierre le Chef n’appréciait pas… Ne sont-ils pas là les vrais rapports de charité, de respect en toute dignité? C’est toute la «culture institutionnelle hyper hiérarchisée des rapports entre baptisés» (structure de péché) qui est à convertir, à changer radicalement, en s’inspirant de l’Évangile d’abord, puis du même Esprit qui a inspiré Jean XXIII et le Concile Vatican II. Feu le cardinal Martini n’a-t-il pas affirmé que l’Église était en retard de 200 ans…

Découpée dans le Prions en Église du 16 février… la Parole qui suit me revient entre les mains de façon opportune.

«Écoutez donc, mes frères bien-aimés! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde? Il les a fait riches de la foi, il les a fait héritiers du Royaume qu’il a promis à ceux qui l’auront aimé. Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Ne voyez-vous pas que ce sont les riches qui vous oppriment, qui vous trainent devant les tribunaux? Ce sont eux qui blasphèment le beau nom du Seigneur qui a été prononcé sur vous.

Certes, vous avez raison quand vous appliquez la loi du Royaume, celle qui est dans l’Écriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais quand vous marquez des différences entre les personnes, vous commettez un péché, et cette loi vous dénonce comme coupables» (Jc 2, 5-9) (Dans le Prions en Église du 16 février 2012, jour du blocage des entrées de la Tour de la bourse de Montréal par les indigné-e-s et la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics). Comme par hasard…

Gérard Laverdure.

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5 réponses à “CHARITÉ QUELLE CHARITÉ? – Gérard Laverdure

  1. Depuis plusieurs mois, Nous avons reçu des dizaines de textes de responsables ou de personnes engagés depuis des années dans Développement et paix qui témoignent de leur attachement à l’évangile et à l’enseignement du Christ., pas seulement de celui qui se dit son « vicaire » et qui a peut-être oublié l’enseignement du Maître. Où sont les évêques? Muets comme des carpes, cachés dans leurs palais épiscopaux, coupés de la réalité du monde et plus apeurés encore que les apôtres avant la Pentecôte? Non seulement domestiqués mais réduits à la servilité par le Boss de Rome et sa cour. Vivement la fin de cette mascarade.
    Gérard Beaulieu

  2. Je vous trouve excessivement vindicatif envers les évêques qui se trouvent effectivement dans une situation difficile à cause du nouvel autoritarisme du Vatican. Les demandes de la CECC à D&P étaient compréhensibles vu les circonstances. C’est Michael Casey et Ronald Breau qui ont manqué à leurs devoirs en acceptant ces demandes sans tenir compte de la mission de l’organisation qu’ils dirigeaient et, surtout, en oubliant qu’ils étaient au service du Conseil national et des membres de D&P et non des évêques. Ce sont donc MM. Casey et Breau qui sont à blâmer pour le gâchis des deux dernières années.

    • Soutenons Développement et Paix

      Je suis surtout radicalement contre ce «système de pouvoir clérical» tellement hiérarchisé qui se durcit et qui enferme surtout les «permanents» de l’Église dans une ligne de parti – serment d’allégence des évêques, vérification de la conformité totale à la doctrine catholique de DP et de ses partenaires. J’ai été formé par la JEC à une autre époque (1958-65). On y développait la responsabilité laïque, l’analyse sociale et l’esprit critique avec enracinement dans la réalité sociale et l’Évangile avant même le Concile. Ayant travaillé toute ma vie en pastorale (sociale et dans les cégep), longtemps au diocèse de St-Jérôme, j’ai connu plusieurs évêques de style Vatican II: Bernard Hubert, Charles Valois, Raymond St-Gelais, Gilles Lussier, Robert Lebel, François Lapierre. Paul-Émile Charbonneau, Adolphe Proulx, Jean-Claude Turcotte, Martin Veillette, Couture, Hamelin, Fecteau et quelques autres que ma mémoire oublie. Des pasteurs appréciés. Ils étaient plus dans l’esprit de co-responsabilité et appuyaient fermement DP. Là DP est mis en tutelle et comme me disait une agente de pastorale en région il y a quelques années à propos de son nouvel évêque: «Il m’a clairement dit qu’il avait été envoyé remettre l’Église à l’endroit». Soit rétablir solidement la pyramide hiérarchique, de haut en bas…

      Les «raisons politiques» évoquées par l’exécutif de la CECC pour dépolitiser la campagne d’automne relèvent davantage de la petite politique, des échanges de services avec le gouvernement. Entre autre pour faire venir plus facilement des prêtres africains. Ils ont même remisé le document sur la crise économique préparé pendant 2 ans, sans consulter ses artisans dont Mgr Lapierre. Un autoritarisme infantilisant et inacceptable qui se répand de plus en plus dont les évêques sont aussi victimes mais dont d’autres, les nouveaux arrivants, tirent profit. Le Pouvoir est toujours fascinant. Ce n’est qu’un point de vue mais il est aussi ancré dans ma méditation quotidienne. Au plaisir. Gérard Laverdure.

  3. La citation d’Edouardo Galeano date de 2003. C’est vers la fin d’une entrevue en anglais
    http://www.mail-archive.com/ugandanet@kym.net/msg05039.html
    Les dernières phrases parlent de la grande fragilité de l’espérance.
    Les trois grandes vertus sont inséparables, ensemble elles donnent naissance à la solidarité…la communion, isolées, elles finissent par être asservies à un quelconque pouvoir humain et la communion n’est plus que subordination.

  4. Pingback: « Encadrer le service de la charité …  | «CCFD-terre solidaire de Plouay

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