En passant

PRISE DE POSITION DU CD DE ST-JEAN-LONGUEUIL – 25 nov.

ÉVALUATION DE LA CRISE À DP SUITE À LA CAMPAGNE D’ÉDUCATION MODIFIÉE – Développement et Paix – Conseil diocésain de Saint-Jean-Longueuil

Notre lecture des faits :

S’adressant à la direction de D&P, Mgr Richard Smith, président de la conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), a exprimé son inquiétude de constater que cette campagne était politiquement trop sensible et ses actions trop partisanes. Ce qui aurait été de nature, selon lui, à susciter la division parmi notre base, les évêques, les donateurs et nos défenseurs.  Par ailleurs, il faut savoir que les évêques étaient préoccupés de maintenir le dialogue  entre l’Église catholique et le gouvernement du Canada sur d’importantes questions de l’actualité.

La direction de D&P, après une consultation auprès du comité exécutif et du comité de liaison avec le comité permanent de la CECC, et après une consultation téléphonique des membres du conseil national, a décidé de stopper la campagne prévue pour l’automne et d’en modifier  les actions et stratégies proposées afin de répondre aux préoccupations des évêques.

Cette décision a entraîné un fort mécontentement de la part des membres du Québec. Nous avons eu droit à des protestations exigeant le maintien de la campagne telle que prévue initialement. Par contre, peu de solutions ont été proposées en vue d’améliorer l’organisation de la vie démocratique dans le mouvement. Pour la Région Québec / Nouveau-Brunswick, 11 diocèses sur 22 ont réagi ; il serait intéressant de connaître l’avis des onze autres.

Dans l’ensemble des réactions, ce qui, pour nous, a été le plus marquant, ce sont les déclarations des groupes de jeunes francophones et de jeunes anglophones. Des premiers, nous avons entendu ceci : « Nous souffrons de la décision des pasteurs de l’Église qui, en freinant une campagne de plaidoyer valable et en liant les mains de Développement et Paix, atteint la capacité de la sainte Église à être porteuse d’espérance dans le monde ». Et des derniers : « Nous demandons la création d’un siège jeunesse au comité de gouvernance afin que les préoccupations des jeunes soient mieux représentées et entendues en ce qui a trait à la gouvernance de l’organisation, ainsi qu’à la responsabilité de cette dernière dans le cadre de son processus de gouvernance ».

Plusieurs autres organismes et comités locaux se sont aussi exprimés.[1] Parmi eux, le Centre Justice et foi, l’Entraide Missionnaire et le Groupe de théologie contextuelle. Pour le Centre Justice et foi, en réorientant la campagne d’automne, la CECC semble placer la préservation de ses « bonnes relations » avec le gouvernement conservateur au-dessus de toute autre considération. Pour sa part, l’Entraide Missionnaire invite « les membres de la CECC et de l’AECQ à favoriser le dialogue sur cette situation très préoccupante et à reconsidérer courageusement leur position face au travail d’éducation et de plaidoyer de D&P». Quant à lui, le Groupe de théologie contextuelle conclut en déclarant que « Mieux vaudrait un organisme aux moyens réduits mais fidèle à sa mission qu’une apparence de continuité dans la trahison ou l’affadissement ». La direction de D&P a répondu à ces lettres de façon posée et pacifique.

De la part des médias, nous avons eu droit à un discours que certains qualifieraient d’intransigeant, de peu constructif et sans vision à long terme. La vision de la CECC y a été complètement absente ; on pourrait y voir un manque important à la démocratie.

De toute cette crise, s’il est un point qui a suscité beaucoup d’espoir, c’est l’expression d’un fort attachement à D&P de la part des membres, du personnel ainsi que des dirigeants.

Position du diocèse de Saint-Jean-Longueuil

Malgré les circonstances décrites plus haut, il ne faudrait pas perdre de vue qu’il faille d’abord penser à nos partenaires et aux populations entières qui comptent sur notre aide. Par la suite, il nous faudra trouver une nouvelle façon de fonctionner avec nos évêques. Les membres du conseil diocésain de Saint-Jean-Longueuil font donc appel à l’unité et au dialogue comme premières réactions à la crise. C’est dans cet esprit qu’une rencontre tripartite a été demandée à Mgr Richard Smith entre les dirigeants de la CECC, D&P et l’ACDI. Dans sa réponse datée du 13 novembre, Mgr. Patrick Powers, P.H. Secrétaire général de la CECC, nous assure que la Conférence des évêques catholiques du Canada est en accord avec notre demande pour entreprendre un dialogue en autant que Développement et Paix le soit aussi tout comme le ministre de l’ACDI, Julian Fantino. [2]

Par ailleurs, considérant que la principale source de revenus provient des donateurs au sein de l’Église catholique, nous comprenons que le conseil national a voulu épargner, par sa décision, une baisse possible de la collecte de fonds de certains diocèses. Après une réduction budgétaire importante de l’ACDI, il était difficile de prendre le risque d’en ajouter une autre. De ce fait, une nouvelle réduction budgétaire serait survenue dans les projets de nos partenaires.  Par contre, le mouvement de contestation chez les membres nous fait prendre conscience du fait qu’une collaboration véritable entre évêques et laïcs nous apparaît incontournable pour un fonctionnement efficace. Nous avons été particulièrement impressionnés par l’authenticité et la profondeur des propos du groupe des jeunes francophones. Même si les moyens qu’ils ont pris pour faire valoir leur point de vue est discutable, nous n’en sommes pas moins sensibles à leur questionnement. Nous tenons à nos jeunes et à leur engagement dans notre organisme.

Comme nous l’avons précédemment souligné, un des points forts manifestés à travers la crise que nous traversons, c’est l’attachement de tous les membres à leur organisme. Cela nous convainc qu’une bonne concertation de cette grande force serait un atout majeur à valoriser pour l’avenir. Aussi, en unissant D&P avec le réseau des 163 Caritas de par le monde, nous pourrions former une force politique auprès des gouvernements et d’autres instances décisionnelles. Nous souhaitons une action concrète à cet égard.

Les valeurs qui, pour nous, devraient continuer à animer D&P et qui sont des éléments essentiels de sa mission sont :

  • viser «la vie avant le profit »;
  • assurer le développement intégral de la personne (à commencer par la souveraineté alimentaire);
  • favoriser l’éducation comme instrument efficace pour aider une population à trouver les moyens de son propre développement;
  • dénoncer les structures injustes qui créent la pauvreté et l’exclusion;
  • habiliter les membres à être des agents actifs d’éducation à la solidarité internationale;
  • plaider en faveur de la paix et de la coopération.

Conseil diocésain de Saint-Jean-Longueuil 25-11-2012

Juste Flavius Ewinsou, Simone Fournier, Raymonde Fournier, Dan Lafrenière, Louisanne Lamothe Ouellette, Fernand Létourneau, Daniel Pellerin, Jacques Péthel, Yves Somé.


[1] Mentionnons aussi le Comité interdiocésain de plaidoyer Est du Québec, l’équipe de MTC Saint-Eustache et Le Regroupement Œcuménique Justice et Paix,

[2] Voir les lettres jointes, soit celles du Conseil diocésain de Saint-Jean-Longueuil et celle de Mgr Powers.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s