En passant

LETTRE D’UN MEMBRE DP DE PETERBOROUGH À MGR SMITH – 25 nov. (version française)

LETTRE D’UN MEMBRE DP DE PETERBOROUGH À MGR SMITH – 25 nov. (version française)

Extrait: «Les évêques du Canada sont-ils prêts à commenter sur l’intention du gouvernement de sacrifier les principes fondamentaux d’un des programmes d’aide extérieure les plus progressistes au monde sur l’autel du «Plan d’action économique du Canada»

Mgr Richard Smith,
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada
Cher Mgr Smith,

Je vous écris en tant que catholique préoccupé par la récente parution d’un article dans le Globe and Mail dans lequel le ministre du Développement international, Julian Fantino, a annoncé l’intention du gouvernement de voir l’Agence canadienne de développement international de s’aligner plus étroitement avec le secteur privé et de travailler de manière plus explicite à promouvoir les intérêts économiques du Canada à l’étranger.


Avec le recul, il est difficile de prétendre que l’appel de Développement et paix pour un débat public sur la direction du programme canadien d’aide à l’étranger, l’automne dernier, n’avait rien de prophétique. On peut seulement supposer que cette annonce arrive comme une surprise à la Conférence des évêques en ce que celle-ci avait explicitement informé Développement et paix, et de fait même les catholiques canadiens, qu’il serait mal venu de s’opposer à la commercialisation du programme canadien d’aide à l’étranger parce que cela pourrait perturber les négociations délicates entre la Conférence des évêques et le gouvernement Harper. Il semble que ces discussions aient soit échoué, soit qu’elles aient peu à voir avec les intérêts des pauvres de ce monde.
À la lumière de l’annonce publique faite par le gouvernement sur son intention de tourner le dos aux pauvres de la planète, à moins que notre aide réussisse à avoir double effet en aidant aussi les gens d’affaires du Canada, je me demande si la Conférence des évêques a jugé bon de modifier sa position? La Conférence des évêques exigerait-elle que les catholiques canadiens restent les bras croisés alors que l’objectif déclaré du programme canadien d’aide à l’étranger se détourne de l’éradication de la pauvreté pour se consacrer à la promotion des entreprises? Depuis quand « Aidez-moi et je vous aiderai » serait-il devenu l’une des Béatitudes ?

Je crois qu’en tant que contribuable canadien, je suis appelé à exprimer mon opposition à une telle perversion du programme canadien d’aide à l’étranger. Cependant, je ne suis pas tout à fait certain que je jouis de ce même privilège en tant que catholique. Si j’écrivais au Gouvernement en tant que catholique préoccupé de la situation, ferais-je reculer l’unité de l’Eglise? Si je devais être d’autres personnes de ma paroisse se joignaient à moi, serions-nous en mesure de déclarer notre action comme l’expression de notre foi catholique? Si un diocèse entier ou dirais-je, une grande organisation catholique faisait un appel semblable pour maintenir l’effort d’aide du Canada à mettre l’accent sur les pauvres, serait-ce une violation de l’enseignement de la CECC?

En tant que militant catholique, je dois me demander si nous, les catholiques, pouvons nous attendre à une certaine clarification de la part de la Conférence des évêques quant à savoir si oui ou non, dans ce cas, nous sommes appelés par notre foi à défendre les valeurs de l’Evangile de partage et de solidarité, ou s’il faut faire ici  une sorte d’exception? Sommes-nous capables d’exiger, au sein de l’Eglise, un plus grand niveau de participation démocratique à la conception de la politique étrangère du Canada, ou simplement un appel à un débat public plutôt partisan? Plus important encore, peut-on anticiper une orientation de la CECC sur le fond des questions en jeu? Les évêques du Canada sont-ils prêts à commenter sur l’intention du gouvernement de sacrifier les principes fondamentaux d’un des programmes d’aide extérieure les plus progressistes au monde sur l’autel du «Plan d’action économique du Canada».

Si je comprends bien, votre intervention antérieure était fondée sur la préservation de l’unité ecclésiale; mais sûrement nous, catholiques, ne sont pas seulement appelés à l’unité, mais au droit d’être réunis sous le leadership épiscopal, à défendre les intérêts des pauvres et des opprimés.

En vous remerciant d’avance pour votre réponse, je demeure

Vôtre dans le Christ,
Herbert J. O’Hearn, 76, chemin Bolsover, Bolsover, ON

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