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DÉVELOPPEMENT ET PAIX A FAIT SES PREUVES PENDANT 45 ANS

DÉVELOPPEMENT  ET  PAIX  A FAIT  SES  PREUVES  PENDANT  45 ANS – Jocelyne Côté Courchesne et Georges Courchesne

«On y affirme que tous les membres de l’Église font partie du Peuple de Dieu, peuple des baptisés.  Tous les membres qui la composent sont égaux car ils ont revêtus le Christ au baptême (Gal 3, 26-28).  On y mentionne que c’est un peuple universel ouvert à tous les peuples.» Extrait.

En 2012 nous célébrons le 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II.  Il a suscité dans l’Église un vent de changement qui a été à l’origine d’un vaste mouvement d’ouverture mais aussi de contestation.

« Dans le déroulement et le travail du concile », « une des initiatives les plus décisives, les plus chargées d’avenir » a été le chapitre « Du Peuple de Dieu » de la constitution dogmatique Lumen Gentium ». (Yves Congar)

On y affirme que tous les membres de l’Église font partie du Peuple de Dieu, peuple des baptisés.  Tous les membres qui la composent sont égaux car ils ont revêtus le Christ au baptême (Gal 3, 26-28).  On y mentionne que c’est un peuple universel ouvert à tous les peuples.

C’est dans ce contexte que Développement et Paix a pris naissance à la fin de Vatican II à la suite d’une prise de conscience des évêques dont plusieurs décriaient les inégalités entre les populations du Nord et celles du Sud.  L’organisme confié à des laïcs recevait la mission de combattre la pauvreté dans les pays en développement.  Au cours des ans, il a connu des hauts et des bas qui l’ont secoué violemment.  Il a réagi.  Il a opéré des changements.  Toujours il a gardé le cap comme un navire qui avance au large.

Présentement, nous le constatons, la tempête sévit au sein de l’organisme :  ce qui faisait sa force et servait de modèle à d’autres organismes n’est plus reconnu;  les particularités qui le distinguaient des autres organismes oeuvrant dans les pays pauvres sont annihilées.  Développement et Paix se voit réduit à devenir ce qu’il n’a jamais voulu être :  un mouvement caritatif.

Celui-ci, dont les membres font partie du Peuple de Dieu, n’a plus une pleine autonomie pour établir des partenariats avec des groupes communautaires qui reçoivent son appui, les incitant à se prendre en main, à prendre part aux décisions qui les concernent, à décider de leur avenir.

Qui pourra avec eux découvrir les causes qui engendrent leur appauvrissement et lutter contre ces dernières?  Qui soutiendra leurs efforts de souveraineté alimentaire face à des compagnies qui accaparent les terres au Sud et les vident de leurs ressources pour s’enrichir et répondre aux besoins des pays du Nord?  Qui parlera en termes de développement durable, de projets à longs terme?

Chez nous l’organisme de Développement et Paix, qui avait reçu une mission claire au sein du Peuple de Dieu, n’a plus une pleine autonomie pour faire un travail d’éducation à la justice sociale auprès des membres, des communautés chrétiennes, du public.  C’est la fin des campagnes de sensibilisation, des journées de formation telles que nous les avons connues.

Se joint à cela les coupures dans l’aide financière accordée à Développement et Paix par le gouvernement canadien.  Celui-ci intervient désormais dans les pays éprouvés lors de catastrophes par l’envoi de secours d’urgence.  L’expertise de l’organisme qui était mise à profit dans les relations internationales du pays n’entrera plus en ligne de compte.

Pourtant un travail gigantesque a été fait au sein de l’organisme depuis ses débuts par un personnel dynamique et éveillé aux enjeux de partage et d’équité, par des bénévoles créatifs et généreux participant à des rencontres d’information, de réflexion, des conférences, des rencontres de députés, organisant des repas, expositions, événements de toutes sortes, s’impliquant au sein de certaines célébrations surtout pendant le carême.

Soutenus par des groupes dans le Sud, qui aspirent à de meilleures conditions de vie, qui parfois deviennent maîtres de leur destin, eux et nous ensemble avons poursuivi l’œuvre commencée il y a 45 ans.

Grâce aux groupes du Sud qui nous inspirent, nous, avec eux, vivons des passages d’Évangile qui s’actualisent sous nos yeux. La parole « Seigneur, fais que je voie » s’applique à nos partenaires et à nous, membres du peuple des baptisés quand nous parvenons à voir les causes d’un malheur, à les nommer.  C’est le début d’une guérison, d’une dignité retrouvée.

Beaucoup d’autres paroles s’appliquent aux situations que nous vivons.  « Le règne de Dieu comme une graine de moutarde » c’est ce qui arrive quand, grâce à l’aide reçue, des hommes, des femmes, des enfants passent d’un état de captivité, face à un adversaire sans scrupule, à une espérance nouvelle grâce à un travail qui leur procure la nourriture.

Ayons recours à la foi qui nous habite pour que Développement et Paix retrouve le sens premier de son action : le développement fondé sur la redistribution de la richesse, le développement humain.  C’est un gage de paix.

Jocelyne Côté Courchesne et Georges Courchesne

Membres actifs de Développement et Paix depuis 34 ans.

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2 réponses à “DÉVELOPPEMENT ET PAIX A FAIT SES PREUVES PENDANT 45 ANS

  1. je suis d’accord avec tout ce que vous dites et nous avons a rebâtir ce mouvement; merci

  2. Bravo Jocelyne et Georges heureusement qu’il y a toujours des membres comme vous pour parler et prendre la défense de notre organisation.

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