En passant

Départs remarqués, direction désavouée – Proximo

Développement et Paix : départs remarqués, direction désavouée – Proximo, Mario Bard, 2012.11.16

Deux influents membres de longue date de Développement et Paix (D&P) quittent le navire. Dans des correspondances adressées à Michael Casey, directeur général de D&P, Normand Breault et Claude Lacaille demandent tous les deux que leur nom soit « rayé » des listes d’envoi de l’organisme au sein duquel ils ne veulent plus militer. Ils ajoutent qu’ils ne donneront plus un sou à l’organi- sation.

« Cette lettre représente le dernier acte d’une évolution », indique en entrevue à Proximo Normand Breault. Celui qui était président du Conseil diocésain de D&P à Montréal il y a encore deux ans se réfère à l’avant-dernière lettre qu’il a fait parvenir au directeur national, Michael Casey. Dans celle-ci, il l’accusait d’agir comme si le Concile Vatican II n’avait pas eu lieu. Une manière de dire que l’autorité pratiquée par le Conseil National de D&P ne reflète plus les pratiques internes de gouvernance de l’organisme depuis sa fondation en 1967.

Pour sa part, Claude Lacaille estime dans sa lettre de désaveu que la direction actuelle de D&P a « cédé sur l’essentiel de la solidarité » et considère que l’organisation « devient peu à peu un organisme de charité destiné à ceux et celles qui pensent « catholique » ».  Il considère cette attitude « inacceptable ». Le prêtre, membre de la Société des Missions Étrangères, se dit « profondément affligé », et il « déplore le manque de transparence et de courage » que la direction aurait « devant les pressions de quelques évêques conservateurs tonitruants ».

Mission édulcorée ?
Cette accusation, Claude Lacaille n’est pas le premier à la formuler. Pour Normand Breault, « le drame » de D&P est qu’on veuille faire de l’ONG une organisation ne répondant qu’aux besoins urgents des victimes de catastrophes naturelles. « Le travail de D&P est aussi un travail de justice sociale », considère-t-il.

Un constat que partage Claire Doran, ancienne Directrice des programmes au Canada. Déçue, elle a quitté l’organisme le 2 novembre dernier. Dans sa lettre de démission, l’ancienne cadre écrit que la « crise » provoquée par l’annulation « abrupte » de la campagne d’automne 2012 « est la goutte qui fait déborder le vase. »

Se référant à la campagne initiale – où l’on demandait directement au premier ministre Stephen Harper de créer un comité parlementaire spécial sur l’aide internationale canadienne – Mme Doran considère que c’est « aussi la responsabilité de l’Église et des fidèles d’interpeller les pouvoirs publics et de leur demander des comptes ». Cette demande au premier ministre ne fait pas partie de la campagne présentement proposée.

Pour la démissionnaire, D&P est entrée dans une « phase de censure, de tutelle » et de « confusion ». Un avis partagé par M. Breault, qui estime que la haute direction s’est « arrogé le droit d’empêcher que se réalise une action politique fort pertinente », destinée à la diminution des disparités nord-sud.

Selon Mme Doran, des pressions externes sont à la base de ces changements. Mais elle estime que la direction de l’ONG ne peut expliquer clairement d’où elles viennent, provoquant ainsi « la confusion et le chaos » chez « les membres et chez le personnel ». Mme Doran considère que la situation « est vraiment devenue insoutenable », et ne croit pas « qu’il s’agisse d’un accident de parcours, mais bien plutôt d’une tendance lourde », éloignant « rapidement » l’organisme de « sa mission particulière en tant qu’organisation catholique vouée à la justice.
Faire campagne sans s’inquiéter
Du côté de la direction, aucune réaction officielle n’a été émise au sujet des récentes désaffections et critiques. Par contre, dans une déclaration conjointe rendue publique le 5 novembre dernier, le président national de D&P, Ron Breau, et Mgr Richard Smith, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, ont encouragé les catholiques « à participer à la campagne dans un véritable esprit de solidarité avec nos sœurs et frères de l’hémisphère Sud. »

La déclaration indique « qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter » à propos des changements apportés à la campagne d’automne, ceux-ci étant motivés par la « préoccupation » que la première mouture proposée ne soit « source de division entre les évêques, les prêtres, les paroissiens et les bienfaiteurs. »

Proximo a tenté de joindre Ron Breau et Michael Casey afin de recueillir leurs réactions face aux critiques formulées à l’endroit de la direction de l’organisme. M. Breau est présentement en voyage aux États-Unis et M. Casey n’était pas disponible. En revanche, ce dernier abordera la question de la crise chez D&P sur les ondes de Radio-Galilée, à Québec, le lundi 19 septembre à 16h30.

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3 réponses à “Départs remarqués, direction désavouée – Proximo

  1. Probable que l’on devrait lire « lundi 19 NOVEMBRE à 16h30.

  2. Est-ce qu’on peut consulter la version de la crise de D&P présentée par M Casey à Radio Galilée?

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