Extraits de la présentation du syndicat des employés de DP

Le syndicat des employés a présenté sa position à l’ouverture du dernier Conseil national de DP. Comme celle-ci était très instructive, nous avons décidé d’en  reproduire des extraits ci-dessous (english follows). (PDF : version française, version anglaise)

INTRODUCTION :
Les discussions à venir au cours de la fin de semaine ne sont pas simples, elles ne seront pas faciles non plus. Elles demanderont de la part des membres du Conseil national beaucoup de réflexion et de courage. Cette crise est particulière parce qu’elle questionne les valeurs et la mission de Développement et Paix, sa raison d’être même. En ouverture du Comité de développement international, Gilio a posé les questions suivantes : du développement pour quoi, pour qui? Vous serez appelés à répondre à ces questions au cours de la fin de semaine. La réponse que vous donnerez aura des conséquences et un impact profond et durable sur l’organisme, tant au Sud qu’ici au Canada.
Plusieurs groupes d’employé-e-s ont amorcé une réflexion pour identifier quelles seront ces conséquences. L’exécutif syndical a jugé la situation suffisamment grave pour demander à la direction d’organiser une journée du personnel. Cette journée a permis à toutes et tous d’avoir les mêmes informations et de partager une première réflexion. L’exécutif syndical a aussi convoqué une assemblée générale extraordinaire; je tiens d’ailleurs à remercier les directeurs et directrices qui ont permis que cette rencontre puisse se tenir durant un jour ouvrable, et particulièrement les directrices de l’éducation qui ont accepté de chambouler notre rencontre de service pour permettre cette assemblée. La grande majorité du personnel syndiqué était présent et a contribué aux discussions qui ont conduit à la réflexion que nous voulons partager avec vous aujourd’hui.
CONTEXTE :
Nous sommes bien conscients que nous vivons une ère de changement, pas juste au Canada mais aussi au niveau planétaire. Nous sommes dans un monde qui se tourne de plus en plus vers une idéologie conservatrice. Il y a clairement un virage à droite dans plusieurs sociétés comme dans l’Église universelle.
Quelle sera notre réponse à ce virage qui va à l’encontre de la vision prophétique qui a fait naître Développement et Paix il y a près de 45 ans?
Les événements des derniers mois nous acculent à répondre à ces questions qui planent au- dessus de nos têtes depuis 2009. Pour bien réfléchir, prenons le temps de nous rappeler les faits.
LES FAITS AU SUJET DU PRODH :
Le père Luis Arriaga, directeur du Centre Miguel Agustin Pro Juarez (PRODH) a été invité à participer au Carême de partage 2011 dès le début décembre 2010 et a accepté notre invitation très rapidement. L’information a dès lors été transmise aux 3 personnes directrices responsables.
Aussitôt que le calendrier d’activités de la tournée du Père Luis Arriaga a circulé dans les réseaux du diocèse d’Ottawa, autour du 20 mars dernier, de nouvelles attaques contre le Centre PRODH ont été publiées, d’abord dans deux blogs dont LSN. Tout comme en 2009, les allégations portaient sur un supposé lien entre le travail du PRODH et la promotion de l’avortement, à travers des accusations par association. Pareilles accusations avaient été portées contre le même centre de droits humains en 2009, et avaient été réfutées par le Comité d’enquête de la CECC la même année.
Le 24 mars, Luis Arriaga reçoit une lettre signée par le chancelier de l’Archevêché d’Ottawa où on lui demande de répondre aux attaques publiées sur LSN dans les 4 jours suivants. Cette lettre l’informe aussi que des démarches ont été entreprises auprès du Cardinal de Mexico afin d’obtenir des « références ».
Dans une lettre envoyée le 28 mars, l’équipe du PRODH répond fermement aux allégations, dénonce la diffamation dont il est victime et présente avec force le travail de défense des droits humains qu’il promeut au Mexique (voir la lettre du Centre PRODH en annexe). Aussi, il joint une lettre du Secrétaire général de la Commission épiscopale de la pastorale sociale de l’Archidiocèse de Mexico qui confirme que le jésuite Luis Arriaga agit à titre de conseiller en matière de droits humains auprès de cette instance des évêques mexicains depuis 2008. 1
Malgré ces vagues de protestation et de mise en doute du travail du PRODH, Luis Arriaga choisit de ne pas annuler sa venue au Canada et l’équipe de direction de Développement et Paix lui réitère son appui. Aussi, après réception de la lettre du PRODH, Monseigneur Prendergast invite les pasteurs de son diocèse à participer en grand nombre à la rencontre diocésaine du samedi 2 avril et à entendre avec ouverture les propos de Luis Arriaga.
Toutefois, dans les heures qui ont suivi, les pressions de divers groupes ont continué. Maintenant au Canada, Luis Arriaga s’est vu dans l’obligation de poursuivre sa défense alors qu’on lui demandait de signer la déclaration suivante : « Le Centre PRODH appuie la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ; le directeur et les employé-e-s rejettent tout lien associant le Centre avec les droits liés à l’avortement ». Avocat et défenseur des droits humains, Luis Arriaga a refusé de signer une telle déclaration qui, selon ses propres mots, est une violation des droits humains fondamentaux.
Au même moment, la CECC faisait savoir, par l’entremise de directeurs et directrices de Développement et Paix, que Luis Arriaga ne pouvait plus se présenter au dîner organisé dans leurs locaux d’Ottawa, dans la prochaine heure, pour un groupe de partenaires aussi invités dans le cadre du Carême de partage.
En fin de journée du 31 mars, après avoir tenté par tous les moyens de répondre aux accusations dont il était victime depuis le début de cette campagne contre lui et son organisation, Luis Arriaga avise Développement et Paix de sa décision de rentrer au Mexique.
Quelques jours plus tard, la CECC informe Développement et Paix qu’elle a reçu une lettre négative du bureau de l’Archevêché de Mexico. Cette lettre serait à l’origine de la décision unilatérale de cesser notre appui au PRODH. Pourtant, ni la lettre ni le document de trois pages qui y était joint n’apportent d’éléments sur lesquels Luis Arriaga et le PRODH ne se seraient déjà défendus en 2009 et en 2011.
Il y a une multitude de détails qui décrivent comment le Centre PRODH et Luis Arriaga ont été malmenés en mars et avril dernier. Cependant, nous retenons ce qui suit. Des groupes d’influence ont traîné notre partenaire et son directeur Luis Arriaga dans la boue et ont atteint à sa réputation, alors qu’il visitait le Canada à notre invitation, et nous ne l’avons pas défendu. Pire : nous avons mis fin immédiatement au partenariat avec le PRODH sans aucune considération pour l’excellence et la pertinence de son travail, les longues années de relation fructueuses et les conclusions du rapport d’enquête de la CECC de 2009, et nous avons acquiescé à la directive de la CECC de ne pas défendre publiquement le PRODH.

RELATIONS AVEC LA CECC
Suite aux différents incidents survenus durant le Carême 2011, une rencontre a eu lieu entre la direction générale de Développement et Paix et le secrétaire de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Au cours de la rencontre, des directives ont été données à Développement et Paix. Chacune des directives que nous connaissons auront des impacts sur le travail de Développement et Paix tant au Nord qu’au Sud.
1.    CONSÉQUENCES SUR NOS PROGRAMMES AU SUD
Une des directives qui préoccupe particulièrement les employé-e-s est la demande d’obtenir une lettre de l’évêque local pour chacun de nos partenaires. Sur tous les continents, les conséquences de cette directive risquent de transformer en profondeur notre approche du développement ainsi que la programmation dans plusieurs pays2.
Dans plusieurs endroits de la planète, très souvent encore, les droits humains sont bafoués. Dans ces pays, des personnes courageuses ont entrepris de combattre ces injustices. Elles ont mis sur pied des groupes pour défendre les plus pauvres et les plus marginalisés. Ce sont ces initiatives de la société civile, visant la paix, l’équité et la liberté d’expression, que Développement et Paix soutient, souvent dans la durée, parce que les choses prennent du temps à évoluer et que les luttes sont longues. C’est ce qui a fait la renommée de Développement et Paix.
L’histoire, les cultures et les religions des pays où intervient notre organisme sont variées. Dans certains pays l’Église catholique joue un rôle de leader. Dans d’autres pays, la hiérarchie de l’Église catholique est moins engagée dans les combats pour la justice et la démocratie. Ailleurs encore, l’Église catholique est très minoritaire et sa voix est peu entendue.
Une lettre a été envoyée à Ronald Breau et Michael Casey par les chargé-e-s de programmes soulignant les impacts de cette demande sur les partenaires et les programmes de Développement et Paix.
Nous croyons que plusieurs de nos partenaires ne pourraient pas ou ne voudraient pas obtenir une telle lettre de leur évêque local, non pas parce que ces partenaires enfreignent les enseignements de l’Église catholique, mais pour des raisons plus politiques ou économiques comme nous le décrivons dans les lignes qui suivent. Nous croyons aussi que certains évêques seront hésitants à juger de la qualité du travail d’un partenaire.
À partir de différents cas, nous nous questionnons sur la volonté des évêques de jouer ce rôle d’autoriser ou refuser un appui à une organisation partenaire de Développement et Paix. Certains pourraient se sentir en conflit d’intérêts, étant eux-mêmes en recherche de fonds pour des projets diocésains. Par exemple, est-ce qu’un un évêque accepterait de donner une lettre d’appui à une radio communautaire non confessionnelle alors qu’il cherche lui-même des fonds pour sa radio diocésaine?
Organisations de défense des droits humains :
Ces organisations doivent préserver leur indépendance afin d’être en mesure de dénoncer objectivement les violations des droits humains dans tous les contextes. De par leur nature, ces organisations doivent alerter et dénoncer les abus, quels qu’ils soient, même dans des situations où l’Église catholique pourrait préférer se taire comme cela a été le cas dans de nombreux pays lors de différentes périodes d’instabilité ou de dictature politiques.
Autonomisation des femmes et des groupes de femmes :
Sur tous les continents, Développement et Paix soutient des organisations de femmes qui encouragent l’équité entre les hommes et les femmes et font la promotion des droits humains, plus spécifiquement ceux des femmes. Ce sont des groupes autonomes en train de prendre en main leur développement et celui de leurs communautés.
Demander à un groupe de femmes dont on promeut l’autonomie de solliciter une autorisation d’un évêque local n’est-il pas à l’encontre de cette approche?
Par ailleurs, pour les groupes de femmes, le travail en concertation et coalition avec d’autres groupes leur donne force de voix et protection. Nous croyons qu’il faut reconnaître qu’il existe un éventail de nuances d’opinions et d’intérêts défendus dans la recherche d’équité de genre. Cependant, nous sommes d’avis que nous devons reconnaître l’autonomie des organisations de femmes avec qui nous travaillons.
Les pressions actuelles amèneront-elles l’isolement de nos partenaires et si oui, seront-il encore pertinents ? Nous verrons-nous privés de partenariats fondamentaux dans la construction d’une société plus juste entre les hommes et les femmes ? Est-ce que, par certaines décisions contraignantes, les femmes et leurs organisations souffriront d’un recul dans les gains si difficilement obtenus dans les dernières décennies ?
Travail en coalition :
Plusieurs de nos partenaires font partie de larges coalitions qui peuvent faire pression pour un changement social. Au sein de ces coalitions, il peut arriver que certaines organisations (qui ne sont pas nos partenaires) défendent des positions qui contreviennent aux enseignements de l’Église catholique. Développement et Paix encourage les organisations partenaires à se réseauter, pensons au PRODH. Nous appuyons aussi directement plusieurs coalitions nationales. Il a toujours été clair qu’aucun groupe n’endosse la totalité du programme politique
des autres organisations. Nous croyons que la convergence des forces doit continuer d’être une stratégie mise de l’avant : c’est indispensable pour arriver à amener le changement. Cependant, en demandant l’appui de l’Église locale, ces alliances pourraient devenir plus restrictives voire impossibles. Nous ne cachons pas notre profonde inquiétude à ce sujet.
Contextes multiethniques et multiconfessionnels :
Enfin, nous travaillons dans plusieurs contextes multiethniques et multiconfessionnels où l’Église catholique est parfois un acteur très minoritaire. Dans ces contextes, nous privilégions généralement le renforcement d’acteurs diversifiés. Ces organisations peuvent être non confessionnelles, dirigées par des membres de diverses confessions religieuses (incluant des organisations de l’Église catholique) mais aussi des organisations de diverses ethnies qui ne font majoritairement pas partie de l’Église catholique locale. Tous ces groupes pourraient ne pas recevoir de lettres d’appui ou ne pas vouloir s’inféoder à l’Église catholique.
Programme à l’ACDI :
Si la directive d’obtenir des lettres d’appui de chaque évêque local pour chaque partenaire est mise en œuvre par le Conseil national, nous craignons, pour les raisons évoquées précédemment, la rupture de nombreux partenariats. Dans certains cas, cela pourrait même signifier la fin de nos programmes dans des pays entiers.
Notre demande à l’ACDI pourrait-elle être mise en péril par le retrait de partenaires de longue date, qui constituent les piliers de notre programmation dans plusieurs pays?
2.    CONSÉQUENCES SUR NOS PROGRAMMES AU NORD
Nous vivons dans une société pluraliste et diversifiée; toutes sortes de courants la traversent tant au niveau politique que religieux. Nous sommes une société ouverte sur le monde. Notre organisme, bien que catholique, se doit de refléter cette diversité de pensée et cette ouverture dans le cadre de la réalisation de sa mission au Canada. Les nouvelles directives proposées pour l’approbation des projets sont aussi une source de questionnements et d’inquiétude pour notre mission au Canada, Promotion :
Une grange partie du mandat de ce service est de faire connaître l’organisation dans la société et de diversifier les sources de collecte de fonds. Ces collectes se font auprès de catholiques pratiquants ou non et aussi auprès d’autres publics. Comment pourrons-nous remplir ce mandat? Quel message devrons-nous véhiculer?
Nous avons à bâtir des relations de confiance à long terme avec les personnes donatrices. Nous cultivons et stimulons ces relations en fonction des champs d’intérêts précis et en développant leur connaissance au sujet de certains partenaires. Comment justifierons-nous que ces partenaires dont nous avons vanté le travail soient arbitrairement coupés? De plus comment pourrons-nous justifier que nous devions avoir l’appui d’évêques locaux? Et que la CECC, par son comité permanent, oriente directement les choix de Développement et Paix, une organisation laïque?
Éducation :
Est-ce que les positionnements politiques et stratégiques de Développement et Paix dans le cadre de ses campagnes d’éducation devront recevoir l’accord préalable de la hiérarchie de l’Église ? Quelle liberté d’analyse restera-t-il à l’organisation?
Nous n’aurions pas pu réaliser la campagne sur la responsabilité sociale des compagnies minières si nous n’avions pu travailler avec d’autres groupes de la société civile. Comment pourrons-nous parler de justice écologique sans s’associer à différents groupes et réseaux engagés sur cette question? Comment pourrons-nous arriver à faire changer des politiques de notre pays si nous devons travailler seuls? Il sera très difficile voire impossible dans ces conditions de faire un plaidoyer efficace en appui à nos partenaires et à leurs luttes.
Jusqu’à quel point pourrons-nous fonctionner avec des gens qui pensent différemment mais dont l’analyse nous est indispensable? Qui définira les critères qui encadreront le choix des enjeux de campagne?
Tant au plan national, régional que local, nos membres et employé-e-s ont toujours pu s’associer librement à des organismes de la société civile afin de réaliser notre travail d’éducation au Canada. Nous ne pourrons réaliser un aussi bon travail si nous sommes restreints à ne travailler qu’au sein de l’Église catholique.
Déjà il devient difficile pour l’éducation et la promotion de choisir des partenaires pour illustrer notre travail, qu’en sera-t-il dans le futur? Chaque fois qu’un partenaire est mis de l’avant nous craignons qu’il soit victime d’attaques et de diffamation, ce qui aurait des impacts extrêmement négatifs sur lui. Le cas du PRODH illustre bien ces risques.
3.    CONSÉQUENCES SUR LE MOUVEMENT
Nous sommes un grand mouvement. Nous avons comme objectif de renouveler et diversifier notre membership. Pour cela, nous voulons accueillir des membres des communautés culturelles et des jeunes.
Actuellement nos membres sont des catholiques, pratiquants ou non, qui voient en Développement et Paix un lieu où vivre leur foi en mettant en pratique l’appel de l’Évangile à travailler à la promotion de l’amour et de la justice.
Cette spécificité d’être un mouvement est fondamentale pour nos jeunes membres qui voient en Développement et Paix un organisme démocratique, non partisan et dont la mission fondamentale est la promotion de la justice sociale. Sans cet aspect, il n’y a pas de doute que ces jeunes, tout comme une bonne partie de notre réseau de membres, ira chercher ailleurs à qui offrir leurs énergies et leurs ressources. C’est déjà commencé.
Démocratie et transparence :
Cette crise a démontré la fragilité de la démocratie au sein de Développement et Paix. Cette fragilité s’est révélée non seulement par ce qui est perçu par plusieurs membres comme une ingérence de la CECC mais aussi par la facilité avec laquelle des décisions d’une grande importance peuvent se prendre sans aucune consultation du Conseil national.

À quelques jours des premières Assemblées régionales, non seulement les membres du Conseil national mais aussi certains membres de l’exécutif n’étaient pas informés de la crise que nous vivions. Cela explique probablement pourquoi l’information a été différemment transmise d’une assemblée à l’autre ainsi qu’en partie la différence de réaction entre le Québec et le reste du Canada. De plus en plus de membres du Canada anglais prennent position au fur et à mesure qu’ils reçoivent de l’information. Il faut ajouter à ces faits que les employé-e-s avaient comme consigne de ne répondre à aucune question et de référer les gens à la direction générale. La confiance ne peut pourtant se bâtir que sur la transparence.
Un encadrement plus serré par la CECC signifie aussi la perte de l’aspect démocratique de Développement et Paix. Si cela devait se confirmer, nous perdrions un pilier fondamental de l’identité de notre organisme. Cette spécificité attire des catholiques qui rêvent de bâtir une Église qui soit avant tout une communauté agissante et où les laïques ont un rôle actif.
4.    GESTION DE LA CRISE
Nous sommes très conscients du haut niveau de difficulté que représente la gestion d’une telle crise. Dès le début des allégations, en 2009, des employé-e-s ont fait valoir que cette crise allait perdurer dans le temps.. Dès ce moment nous avons demandé à la direction de communiquer avec les membres et les employé-e-s avec diligence et transparence. Nous croyons que le silence et les rumeurs ont fait autant de mal à l’organisation que les allégations dont nous avons été victimes.
5.    IMPACTS SUR LES EMPLOYÉ-E-S
Les employé-e-s se sentent dépossédés de leur organisation et ce sentiment a été exacerbé par les déficiences de communication et de transparence internes. Nous, les employé-e-s travaillons présentement sous pression et dans la confusion, ce qui génère une démotivation presque généralisée. Déjà, plusieurs employé-e-s ont manifesté leur volonté de quitter l’organisation si la mission et les valeurs de Développement et Paix sont réorientées.
CONCLUSION :
Ni les employé-e-s ni le syndicat ne remettent en question le fait que Développement et Paix est un organisme catholique. Nous adhérons totalement à la vision prophétique de Développement et Paix.
Développement et Paix a mis plus de 40 ans à bâtir une vision du développement basée sur le partenariat à long terme, ce qui est notre spécificité. Certaines des orientations envisagées actuellement mettent en péril cette vision.

Syndicat des employées et employés de Développement et Paix Juin 2011

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INTRODUCTION
The discussions that will be taking place over the weekend are neither simple nor easy. They will require a lot of thought and courage from the members of the National Council. This crisis is unique because it questions the values and mission of Development and Peace, its very raison d’être. In opening the International Development Committee, Gilio asked the following questions: Development: For what and for whom? You will be asked to answer these questions over the weekend. The answer you give will have consequences and a profound and lasting impact on the organization, both in the Global South and here in Canada.
Several groups of employees undertook a reflection to identify what those consequences will be. The Union Executive deemed the situation serious enough to ask Management to organize a Staff Day. This day allowed everyone to have the same information and share some initial thoughts. The Union Executive also convened an extraordinary general assembly; I want to thank the directors who allowed this meeting to be held during a working day and a special thank-you is in order for the Directors in the Education Department, who agreed to turn our departmental meeting upside down to permit this meeting. The vast majority of unionized staff were present and contributed to the discussions that led to thinking that we want to share with you today.
BACKGROUND
We are well aware that we live in an era of change, not just in Canada but globally. We are in a world that is increasingly turning towards a conservative ideology. There is clearly a turn to the right in several societies, as well as in the Universal Church.
What will be our response to this shift that runs counter to the prophetic vision that gave rise to Development and Peace nearly 45 years ago?
The events of recent months are forcing us to respond to these questions that have been hanging over our heads since 2009. To think about this properly, let’s take the time to recall the facts.
THE FACTS ABOUT PRODH:
Father Luis Arriaga, director of the Centre Miguel Agustín Pro Juárez Human Rights (PRODH), was extended an invitation in early December 2010 to participate in the Share Lent 2011 campaign and he very quickly accepted our invitation. That information was sent to the three relevant Directors.
As soon as the activities calendar for Father Luis Arriaga’s tour circulated through the networks of the Ottawa Archdiocese, around last March 20, new attacks against the Centre PRODH were published, starting with two LSN blogs. Just like in 2009, the allegations concerned a supposed link between the work of PRODH and the promotion of abortion, using accusation by association. Similar charges had been laid against the same human rights centre in 2009 and had been refuted by the CCCB’s Committee of Inquiry in 2009.
On March 24, Luis Arriaga received a letter signed by the chancellor of the Archdiocese of Ottawa, in which he was asked to respond to the attacks published on LSN within the next four days. In addition, this letter informed him that steps had been taken with the Cardinal of Mexico to obtain “credentials.”
In a letter sent on March 28, the PRODH team responded strongly to the allegations, denounced the defamation of which it was a victim and strongly showcased the work it promotes defending human rights in Mexico (see letter from the Centre PRODH in appendix). It also enclosed a letter from the Secretary General of the Episcopal Commission for Social Pastoral of the Archdiocese of Mexico, which confirmed that the Jesuit Luis Arriaga has been advising this body of the Mexican bishops on human rights issues since 2008.1
Despite these waves of protest and the doubts raised about PRODH’s work, Luis Arriaga chose not to cancel his trip to Canada and the management team at Development and Peace reiterated their support. Moreover, after receiving the letter from PRODH, Archbishop Prendergast invited the pastors of his diocese to participate in large numbers at the diocesan meeting on Saturday, April 2, and listen to the words of Luis Arriaga with openness.
However, in the hours that followed, pressure from various groups continued. Now in Canada, Luis Arriaga found himself obliged to continue his defence when he was asked to sign the following declaration: “The Centre PRODH supports the cause of life from conception to natural death; the Director and staff reject any link associating the Centre with abortion rights.” Lawyer and human rights defender Luis Arriaga refused to sign such a declaration which, in his own words, is a violation of basic human rights.
At the same time, the CCCB let it be known, through Development and Peace directors, that Luis Arriaga could no longer attend the dinner organized at their Ottawa premises in the next hour. Other partners of Development and Peace had been invited to this dinner within the framework of Share Lent.
By late afternoon on March 31, after trying in every possible way to the answer the charges of which he was the victim since the beginning of this campaign against him and his organization.
A few days later, the CCCB informed Development and Peace that it had received a negative letter from the office of the Archdiocese of Mexico. That letter led to the unilateral decision to cease our support to PRODH. However, neither the letter nor the attached three-page document brought any new evidence to the fore which had not already been refuted by Luis Arriaga and PRODH in 2009 and 2011.
There are a multitude of details that describe how the PRODH Centre and Luis Arriaga were bullied in March and April. However, we will just say the following: Lobby groups dragged our partner and its director Luis Arriaga through the mud and savaged his reputation while he was visiting Canada at our invitation, and we did not defend him. Worse: we immediately terminated the partnership with PRODH without any regard for the excellence and relevance of its work, the long years of fruitful relationship and the findings of the 2009 CCCB inquiry, and we acquiesced to the directive of the CCCB to not publicly defend PRODH.
RELATIONS WITH THE CCCB
Following several incidents which arose during Lent 2011, a meeting took place between Development and Peace’s General Management and the Secretary of the Canadian Conference of Catholic Bishops (CCCB). At this meeting, directives were given to Development and Peace. Every one of the directives that we are familiar with will impact the work of Development and Peace both in the North and in the Global South.
1.    IMPACT ON OUR PROGRAMS IN THE GLOBAL SOUTH
One of the directives that is of particular concern to the employees is the request to obtain a letter from the local bishop for each of our partners. On every continent, the consequences of this directive risk profoundly transforming our approach to development as well as the programming in several countries.2
In several places on this planet, human rights are still being violated on a regular basis. In these countries, courageous people have begun to fight these injustices. They have set up groups to defend the poorest and most marginalized. These are civil society initiatives—aimed at achieving peace, equity and freedom of expression—that Development and Peace supports, often for the duration, because things take time to evolve and the struggles are long. This is what has made Development and Peace’s name.
The countries where our organization operates have varied histories, cultures and religions. In some countries, the Catholic Church plays a leading role. In other countries, the hierarchy of the Catholic Church is less involved in fighting for justice and democracy. And in still other countries, the Catholic Church is a very small minority and its voice has little impact.
The Program Officers have sent a letter to Ronald Breau and Michael Casey emphasizing the impacts of this request on the partners and programs of Development and Peace.

We believe that many of our partners could not or would not want to get such a letter from their local bishop, not because these partners are violating the teachings of the Catholic Church, but for reasons that are more political or economical, as we will describe below. We also believe that some bishops will be reluctant to judge the quality of the work of a partner.
Based on various cases, we wonder about the willingness of the bishops to play this role of authorizing or refusing support to a partner organization of Development and Peace. Some might feel a conflict of interest, since they are themselves in search of funds for diocesan projects. For example, would a bishop accept to give a letter of support for a non-denominational community radio station at the same time that he himself is seeking funding for his diocesan radio station?
Organizations defending human rights:
These organizations must maintain their independence in order to be able to objectively report human rights violations in all contexts. By their very nature, these organizations must send out clarion calls and report abuses, whatever they may be, even in situations where the Catholic Church might prefer to remain silent, which was the case in many countries during various periods of political instability or dictatorship.
Empowerment of women and women’s groups:
On every continent, Development and Peace is supporting women’s organizations that promote equity between men and women and promote human rights, specifically those of women. These are autonomous groups taking control of their own development and that of their communities.
Doesn’t asking a group of women—whose autonomy we are promoting—to seek the permission of a local bishop go against this approach?
Moreover, for the women’s groups, working in concert and in coalition with other groups gives them a stronger voice and protection. We believe that it must be recognized that there is a range of nuances of opinions and interests defended in the search for gender equity. However, we believe that we must recognize the autonomy of the women’s organizations with which we work.
Will the current pressures bring about the isolation of our partners and, if so, will they still be relevant? Will we find ourselves deprived of fundamental partnerships in the building of a more just society between men and women? Will women and their organizations suffer setbacks to the gains they have fought so hard to win in recent decades, all because of certain binding decisions?
Working in coalition:
Many of our partners are part of broad coalitions that can press for social change. Within these coalitions, it may happen that some organizations (who are not our partners) defend positions that are not in keeping with the teachings of the Catholic Church. Development and Peace encourages partner organizations to network, as was the case with PRODH. We also directly support several national coalitions. It has always been clear that no group endorses the entire political agenda of the other members of the coalition. We believe that we must continue to promote this convergence of forces strategy: it is essential for bringing about change. However, in requesting the support of the local church, these alliances could become more restrictive and even impossible. We do not hide our deep concern about this.
Multiethnic and multifaith contexts:
Finally, we work in many multiethnic and multifaith contexts where the Catholic Church is sometimes a very minor player. In these contexts, we generally favour strengthening diverse actors. These organizations may be non-confessional, led by members of various religious denominations (including organizations of the Catholic Church) but also organizations of various ethnicities that are mostly not part of the local Catholic Church. All these groups may not receive letters of support or do not want to swear allegiance to the Catholic Church.
CIDA program:
If the directive to obtain letters of support from each local bishop for every single partner is implemented by the National Council, we fear that many partnerships will collapse, for the reasons mentioned above. In certain cases, this could even mean the end of our programs in entire countries.
Could our proposal to CIDA be endangered because of the termination of long-standing partnerships that form the pillars of our programs in certain countries?
2.    IMPACT ON OUR PROGRAMS IN THE NORTH
We live in a diverse and pluralistic society that is crisscrossed by all sorts of political and religious currents. We are a society that is open to the world. Our organization, although Catholic, should reflect this diversity of thought and openness in the pursuit of its mission in Canada. The proposed new directives for approving projects are another source of questioning and concern for our mission in Canada.
Advancement:
A large part of this department’s mandate is to make the organization known to the public and diversify fundraising sources. These collections are carried out among Catholics, practicing or non-practicing, and other publics as well. How will we be able to fulfill this mandate? What message will we have to convey?
We have to build long-term relationships of trust with donors. We cultivate and foster these relationships in connection with specific areas of interest or by developing their knowledge about certain partners. How will we justify the fact that these partners whose work we have praised are arbitrarily cut off? How will we be able to justify to donors that we must have the support of local bishops? And that the CCCB, through its Standing Committee, is directly orienting the choices of Development and Peace, an organization of the entire church?

Education:
Will Development and Peace have to receive prior approval from the Church hierarchy for the political and strategic positioning of its education campaigns? What freedom of analysis will the organization still have?
We could not have carried out the campaign on the social responsibility of mining companies had we not been able to work with other civil society groups. How will we be able to talk about environmental justice without building partnerships with various groups and networks engaged on this issue? How will we able to manage to change the policies of our country if we have to work alone? It will be very difficult or even impossible in those circumstances to carry out effective advocacy in support of our partners and their struggles.
To what extent will we able to function with people who think differently but whose analysis is indispensable to us? Who will define the criteria that will frame the choice of campaign issues.
At national, regional and local levels, our members and employees have always been able to associate freely with civil society organizations to carry out our education work in Canada. We will not be able to do as good a job if we are restricted to working only within the Catholic Church.
It is already becoming difficult for the Education and Advancement departments to choose partners to illustrate our work. What will it be like in the future? Every time a partner is thrust into the spotlight, we are afraid they will be victims of attacks and defamation, which has extremely negative impacts on them. The PRODH case illustrates those risks quite well.
3.    IMPACT ON THE MOVEMENT
We are a large movement. We have the objective of renewing and diversifying our membership. To achieve this objective, we want to welcome members from the cultural communities and youth.
Currently, our members are Catholics, church-going or not, who see in Development and Peace a place where they can live their faith by putting into practice the Gospel’s call to work on promoting love and justice.
This specificity of being a movement is fundamental for our young members who see in Development and Peace a democratic, non-partisan organization whose fundamental mission is the promotion of social justice. Without that aspect, there is no doubt that these young people, as well as a good portion of our network of members, will look elsewhere to offer their energy and resources. This has already started.
Democracy and transparency:
This crisis has demonstrated the fragility of democracy within Development and Peace. This fragility was revealed not only by what is perceived by many members as interference by the CCCB, but also by the ease with which decisions of great importance can be taken without any consultation of the National Council.
A few days away from the first Regional Assemblies, not only were members of the National Council not informed about the crisis we were going through, but the members of the Executivehad not been informed either. This probably explains why the information was transmitted differently from one Assembly to another as well as part of the difference in the reaction between Quebec and the rest of Canada. More and more members of English Canada are taking a stand as they gradually receive the information. To those facts must be added the fact that the employees were instructed not to answer any questions and to refer people to General Management. Trust can only be built on transparency.
Tighter supervision by the CCCB also means the loss of the democratic aspect of Development and Peace. If this is confirmed, we would lose a fundamental pillar of our organization’s identity. This specificity attracts Catholics who dream of building a Church that is first and foremost an active community and where the laity have an active role.
4. CRISISMANAGEMENT:
We are very aware of the high level of difficulty of managing such a crisis. Since the allegations started in 2009, the employees have argued that this crisis was going to persist over time. Ever since then, we have been asking Management to communicate with the members and employees with diligence and transparency. We believe that the silence and rumours have done as much harm to the organization as the allegations of which we have been victims.
5.    IMPACT ON THE EMPLOYEES
Employees feel dispossessed of their organization and that feeling has been exacerbated by the deficiencies in internal communication and transparency. We the employees are working under pressure and in confusion, which is generating an almost universal lack of motivation. Several employees have already expressed their desire to leave the organization if the mission and values of Development and Peace are reoriented.
CONCLUSION:
Neither the employees nor the Union challenge the fact that Development and Peace is a Catholic organization. We are fully committed to the prophetic vision of D&P.
Development and Peace has invested more than 40 years in building a vision of development based on long-term partnership, which is our specificity and what makes us special. Some of the orientations currently being considered would endanger that vision.
Union of employees of Development and Peace June 2011

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Une réponse à “Extraits de la présentation du syndicat des employés de DP

  1. Pourquoi Arriaga a-t-il refusé de signer la déclaration à l’effet qu’il appuie la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, soit la position officielle de l’Église? En quoi est-ce une violation des droits fondamentaux? Le droit à l’avortement? Cela ne fait que confirmer les accusations contre lui!

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