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Développement et Paix mérite l’appui des évêques

Nous reproduisons une lettre publiée sur cyberpresse.ca, le 11 mai.

À Mgr Pierre Morissette, évêque de Saint-Jérôme, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Cher Monseigneur,

Le Réseau Culture et Foi tient à vous dire combien ses membres ont été consternés et scandalisés par la décision de Mgr Terrence Prendergast, s.j., archevêque d’Ottawa, d’annuler les conférences du P. Luis Arriaga, s.j., directeur du Centre mexicain pour la défense des droits humains (PRODH), que l’Organisation catholique canadienne pour le Développement et la Paix avait eu la bonne idée d’inviter, ce printemps, pour sa campagne «Carême de partage». Le geste de votre collègue est l’expression publique d’un manque total de confiance envers le conseil d’administration et le directeur général de Développement et Paix. Cela est éminemment regrettable et condamnable.

Le geste est d’autant plus inacceptable que Développement et Paix a été créé en 1967 par les évêques canadiens, dans la foulée du concile Vatican II, pour lutter contre la pauvreté et les injustices sociales en partenariat avec des organisations populaires reconnues des pays du sud, et que son objectif a toujours été de s’attaquer aux causes structurelles de l’appauvrissement plutôt que d’éponger indéfiniment les conséquences désastreuses des exclusions économiques et sociales. Vous nous pardonnerez de ne pas comprendre que des évêques s’en prennent à un organisme qu’ils ont eux-mêmes créé et qu’ils demandent aux catholiques canadiens d’appuyer.

Comme si cela n’était pas suffisant, la Conférence des évêques catholiques du Canada, suite à des accusations portées contre l’organisme Développement et Paix auquel on reprochait de soutenir des organisations non gouvernementales partenaires, comme le Centre mexicain pour la défense des droits humains (PRODH), parce que celles-ci auraient eu des liens avec des groupes pro-avortement, avait créé un Comité d’enquête pour examiner ces allégations. Celui-ci était composé de Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s et évêque de Grand Falls, à Terre-Neuve et Labrador, et de Mgr François Lapierre. P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe, au Québec, qui ont été aidés dans leur tâche par Mgr Mario Paquette, P.H., alors secrétaire général de la C.E.C.C., et Mgr Carlos Quintana Puente, C.S.S., directeur de la Collecte pour l’Église en Amérique latine, à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis. Trois représentants de Développement et Paix étaient aussi présents pour aider au bon déroulement de la visite au Mexique et faciliter les rencontres avec les divers intervenants. Il s’agit de MM. Michael Casey, directeur général; Paul Cliche, directeur adjoint (Service des programmes internationaux); et André Charlebois, chargé de programmes pour l’Amérique latine.

Allégations rejetées

Or, le Comité d’enquête de la C.E.C.C. a, en juin 2009, rendu public son rapport, qui portait sur cinq organismes non gouvernementaux mexicains, dont certains projets sont financés par Développement et Paix. Il rejette les allégations et accusations portées contre Développement et Paix et affirme que les subventions de l’organisme de l’Épiscopat canadien n’ont pas servi à des projets reliés à la promotion de l’avortement. De toute évidence, ce rapport n’a pas convaincu Mgr Prendergast d’Ottawa, qui ne fait confiance à personne de son organisation.

Ce qui est, pour nous, encore plus scandaleux que le geste posé par Mgr Prendergast, c’est le silence total de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Celle-ci, par son mutisme, se rend complice de la conduite irresponsable de leur collègue évêque et laisse tomber le Conseil d’administration et le directeur de Développement et Paix. Nous ne vous demandons pas une condamnation à mort; nous vous invitons seulement à faire preuve d’un peu de courage et à prendre publiquement la défense de votre organisme de solidarité internationale dont la qualité des programmes et des interventions est reconnue largement au Canada et dans les pays du Sud, et à l’assurer de votre appui et de votre solidarité. Quand nos évêques sont interpellés par des groupes engagés et représentatifs, nous avons l’impression qu’ils n’ont jamais d’autre réponse que le silence, mais la situation paraît bien différente quand ils sont interpellés par des groupes conservateurs ou intégristes peu représentatifs. Dans ce cas, tout est mis en oeuvre pour répondre à leurs questions et les satisfaire. Craint-on une dénonciation à Rome? La peur est, nous semble-t-il, une bien mauvaise conseillère.

Nous appuyons de tout coeur l’Organisation catholique canadienne pour le Développement et la Paix et nous sommes solidaires de ses objectifs de promotion de la justice sociale et du service des pauvres. Nous souhaitons que la Conférence des évêques catholiques du Canada cesse de remettre constamment en cause le bien-fondé de la mission de Développement et Paix et lui accorde l’appui que l’organisme mérite si largement.

Je vous vous prie de recevoir, cher Monseigneur Morissette, l’expression de la considération du Réseau Culture et Foi.

Le secrétaire,

Réjean Plamondon

Montréal

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